En Afrique, à quoi servent (encore) les élections?


Des scrutins sans surprise, des Constitutions taillées sur mesure, des opposants muselés: la démocratie africaine tourne à la farce, soutenue ou tolérée par des alliés occidentaux soucieux de préserver leurs intérêts. Au grand dam des populations, notamment des jeunes.
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L’organisation d’élections sur le continent africain sert-elle encore à quelque chose, sinon à répondre aux exigences des bailleurs de fonds internationaux?
Jouées d’avance la plupart du temps, celles-ci s’enchaînent et se ressemblent avec, à quelques détails près, les mêmes modus operandi qui, systématiquement, permettent aux présidents sortants de rempiler pour un nouveau mandat. Et peu importe si la Constitution du pays limite le nombre.
C’est ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, dont la Constitution limitait à deux le nombre de mandats présidentiels. Las, avant la fin de son deuxième quinquennat, les équipes du président Alassane Ouattara ont concocté une nouvelle Constitution qui lui a permis de briguer un nouveau mandat, le troisième, présenté par le pouvoir en place comme le premier sous la nouvelle Constitution. Puis, le 25 octobre dernier, le président ivoirien, âgé de 83 ans, rempilait pour un quatrième mandat, après avoir obtenu un score soviétique face à des seconds couteaux qui faisaient plutôt de la figuration.
Une élection gagnée d’avance, en l’absence des ténors de l’opposition que sont l’ex-directeur général du Crédit Suisse, Tidjane Thiam, et son prédécesseur, Laurent Gbagbo, qui a qualifié ce scrutin de «braquage électoral» et de «coup d’Etat civil».




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