Covid-19: Quand une crise en cache une autre

Publié le 23 avril 2020

Le Covid-19 est un choc exogène très violent pour l’économie suisse. Défauts de paiement, récession et faillites sont à craindre. – © Pixabay

Nous ne sommes pas sortis de la zone dangereuse!» Lors de la conférence de presse du 17 avril 2020, Daniel Koch, le Monsieur Covid-19 du Conseil fédéral, n’a comme d’habitude, pas fait dans la dentelle. Oui, malgré les mesurettes d’assouplissement annoncées la veille par son patron, le Conseiller fédéral Alain Berset, les Suisses n’étaient pas encore sortis de l’auberge. Comme en écho à ces préoccupations sanitaires, son collègue Boris Zürcher, chef de la direction du travail au Seco, annonçait que le nombre de chômeurs était passé de 118'000 le 15 mars 2020 à 151'000 le 17 avril. Une hausse de 28% en un mois. Et, le jour de cette conférence de presse, le chômage partiel concernait déjà un tiers des employés en Suisse. Des chiffres glaçants!

Dans la foulée, tous les indicateurs sont passés du vert printanier au rouge le plus vif possible. Les deux scénarios du Secrétariat à l’économie, qu’ils soient en «V» (scénario 1) ou en «L» (scénario 2), selon la vigueur de la reprise anticipée, tablent sur une récession très sévère. Avec un PIB en recul, pour le scénario 1, de 7,1% cette année et de 8,3% en 2021 et, dans le cas du scénario 2, avec un trou de 10,4% en 2020 et de 3,4% l’an prochain. Tous les indices de production sont en berne. Le moral des consommateurs, qui ne peuvent d’ailleurs plus rien consommer, hormis des produits alimentaires, est tombé plus bas que leurs chaussettes. «Le sentiment des consommateurs a atteint des niveaux aussi bas qu’au début des années 1990», note prudemment le cabinet zurichois Fahrländer Partner dans sa dernière méta-analyse conjoncturelle. 1990, une année au cours de laquelle le marché immobilier suisse avait connu sa dernière grande crise…

Un choc exogène très violent

Le Covid-19 fait subir un choc exogène extrêmement violent à la Suisse. C’est-à-dire un choc dont l’origine extérieure au marché va modifier profondément les comportements des acheteurs ou des producteurs. De la croissance, certes modeste qu’il y avait en 2019, on passera quasi sans transition à la récession, voire à la dépression. Certes, la bonne nouvelle est que, au niveau sanitaire, il y aura une fin prochaine à cette pandémie de la même façon qu’il y en a eu une à celles de 1957, de 1969, du Sida ou d’autres manifestations virales dans les années 2000. Mais la mauvaise nouvelle, pour la Suisse comme pour le reste du monde, est que le trou d’air économique qu’elle va vivre sera accompagné par une vague impressionnante de chômage.

Concrètement, pour les personnes concernées, cela va se traduire par une chute de leurs revenus. Ce qui aura un impact immédiat et massif sur le risque de crédit dont nous avons évoqué (voir La dette hypothécaire, une Epée de Damoclès macro-économique, BPLT du 9 janvier 2020) le danger pour la Suisse en raison de l’importance de la dette hypothécaire et privée des ménages helvétiques. Une dette qui, rappelons-le, se montait fin 2019 à quelques 121’000 francs par habitant! Mais pourquoi l’Epée de Damoclès pourrait-elle s‘abattre? Tout simplement parce que, comme l’affirmait la chercheuse de la Banque des Règlements internationaux Anna Zabai dans une étude sur la dette privée des ménages citée dans notre article, «le stock de dettes des ménages affecte la capacité de ceux-ci à faire face à une dégradation inattendue de leur situation (baisse du revenu ou des prix des actifs, hausse des taux d’intérêts)». Avec le choc exogène du Covid-19, nous sommes exactement dans cette situation. A ceci près que cette «dégradation inattendue» n’a même pas pu être anticipée par les Autorités politiques et les acteurs économiques, surpris dans une période de béatitude conjoncturelle.

Incertitude sur les taux…

Les deux variables citées par la chercheuse de la BRI sont celle des taux d’intérêt et celle des revenus. Les taux d’intérêt? Ils étaient très bas jusqu’à la mi-mars; à un niveau tel depuis plusieurs années, que cela en a incité beaucoup à s’endetter sur le marché immobilier sans faire particulièrement attention aux limites à respecter en matière de charge financière. Puis, la faute au coronavirus et/ou aux effets qu’il induit, les taux ont commencé à virevolter à la hausse avant de se stabiliser à un niveau toujours bas mais avec une légère tendance à la hausse. Combien de temps? Impossible à dire, tant ce qui les fait évoluer est, à strictement parler, étranger à la Suisse. Reste que leur évolution dans le mauvais sens pourrait très rapidement déséquilibrer les finances de nombreux nouveaux propriétaires qui risquent non seulement d’y laisser leurs économies mais aussi, pour la plupart d’entre eux, une grande partie de leurs avoirs de prévoyance, donc de leurs futures retraites.

Pas étonnant donc que les banques et les acteurs du marché immobilier s’évertuent à rassurer leur monde en soulignant que les taux resteront stables. Sans penser qu’il peut y avoir d’autres éléments importants que les taux pour la demande, ils relèvent, à l’instar du Credit suisse dans une analyse datant du 1er avril que «le corona ne met pas le marché immobilier à genoux» et que «le marché suisse du logement reste globalement stable». Le numéro deux bancaire suisse ne s’attend ainsi pas à des ventes massives de biens immobiliers car les taux hypothécaires sont bas, ce qui exclut une augmentation des défaillances de paiement, et parce que l’aide d’urgence des Autorités fédérales «devrait réduire considérablement les pertes de revenus». Le seul fait de le signaler montre que c’est une sérieuse crainte. Cette assertion pourrait en effet bien être battue en brèche par la réalité.

… et chute des revenus

La seconde variable, celle des revenus, est déjà en train de gâcher les nuits de nos responsables, car elle annonce une récession avec son cortège de conséquences sur l’emploi, qui est déjà en chute libre. Il faut se rendre à l’évidence: Covid-19 aura été le mur dans lequel l’économie suisse est venue s’écraser à pleine vitesse. Depuis le 16 mars, à part les hôpitaux, les pharmacies et les magasins d’alimentation plus rien ou presque ne fonctionne. Du jour au lendemain, le pays a fait un arrêt sur image. D’où la hausse exceptionnellement rapide du chômage et du travail partiel. Ce qui amènera, tôt ou tard, mais sans doute très vite, une réduction drastique des revenus des ménages suisses.

Malgré tous les programmes d’aide d’urgence qui ne seront pas suffisants pour compenser toutes les baisses de revenus, comme vient de le rappeler le Ministre de l’économie Guy Parmelin dans une interview à un hebdomadaire dominical. A la clé, il deviendra impossible, à tout le moins très difficile, pour ceux qui ont des dettes privées (hypothécaires ou autres) d’en assurer le service. Et, à voir la manière dont l’Etat refuse de voir arriver l’orage qui s’annonce entre propriétaires et locataires, il est quasi certain que le Conseil fédéral refusera de s’engager dans le marais suisse de l’endettement hypothécaire.

On comprend dès lors pourquoi les milieux économiques et les partis de droite veulent à tout prix que la machine économique reparte. Il s’agit d’éviter que la crise, aujourd’hui sanitaire et déjà économique, ne devienne rapidement une crise financière par rapport à laquelle celle de 2008 fera figure de chansonnette. Parce que le risque de défaut des particuliers endettés entrainera rapidement les banques, assurances, caisses de pensions et autres institutions financières dans d’immenses difficultés. Et parce que la crise actuelle est globale, sans frontières, tous les pays importants étant pareillement touchés et pareillement impuissants.

Certes, les mesures de réduction des horaires de travail et de chômage partiel vont freiner dans un premier temps le développement du chômage. Mais vouloir faire repartir la machine économique en ouvrant, dans un premier temps, les salons de coiffure, les cabinets médicaux, les physiothérapeutes, les magasins de bricolage et les jardineries ne va pas stimuler la consommation ni les échanges commerciaux.

Or, la Suisse et les Suisses tirent leurs revenus de la solidité de la consommation et de leurs échanges avec les pays voisins. Certes, ceux-ci ne sont pas en meilleure posture et on a vu que la consommation est au plancher. Ce qui commence à apparaitre aux Etats-Unis donne une idée du maelström qui pourrait arriver ici. Il y a donc de fortes chances pour que la récession qui s’annonce devienne une dépression dont les ménages suisses lourdement endettés ne pourront plus tirer des revenus suffisants.

Le risque de défaut

Que se passerait-il alors si les ménages suisses ne pouvaient plus faire face à leurs obligations? Ceux qui ont adossé leurs emprunts à la solidité de leurs portefeuilles en actions en ont déjà senti les effets. En langage financier, on dit qu’ils ont subi des appels de marge. Ceci signifie que, quand la valeur des titres qui garantissent un prêt diminue au-delà d’un certain seuil, la banque créancière demande à l’emprunteur de lui verser le montant manquant. Quand? Sans délai! Sinon? Sinon, le portefeuille d’actions ou le bien gagé est mis en réalisation, c’est-à-dire en vente. C’est exactement le même phénomène qui risque de se passer si, faute de revenus suffisants, les particuliers au chômage (ou avec des revenus fortement réduits) ne peuvent plus payer les intérêts de leurs dettes hypothécaires ou autres (cartes de crédit, leasing, etc.). Ils seront mis en demeure par leurs institutions financières créancières, de régler leurs intérêts de retard, puis après un certain temps de rembourser leurs dettes. Sans délai! Dans le pire des cas, il y aura perte concrète du gage immobilier, qui se retrouvera au bilan de la banque créancière, et bien sûr perte du prélèvement fait auprès de la caisse de pensions.

D’autres effets connexes de la baisse des revenus risquent d’arriver. Ainsi, des entreprises et des particuliers remettront au lendemain des investissements qu’ils avaient prévu de faire. On le voit déjà avec le marché automobile qui s’est effondré. Sur le marché immobilier, de nombreux biens resteront en vente mais leur valeur diminuera automatiquement, faute de demande. A l’inverse pour ceux qui veulent vendre un bien: sa valeur de marché diminuera faute de demande. Risque donc de s’ajouter une suroffre de biens immobiliers sur le marché qui accentuera encore la baisse des prix, de vente et de location.

D’autres problèmes? Par exemple, celui des biens immobiliers en cours de construction où le risque (financement du chantier par les avances successives des acheteurs) devra être assumé par le particulier-acquéreur pendant l’arrêt du ou des chantiers : avec quels revenus? Ou encore, la question des objets dits «buy to let», c’est-à-dire des immeubles construits à fins spéculatives par des particuliers pour qui le graal de la location pourrait alors devenir un enfer. Car, comme l’estime Crédit suisse, il y aura sur le marché de la location 7000 à 8000 logements de plus cette année et le taux de vacance bondira à 2,9%. Avec un effet désastreux sur les prix. N’oublions bien sûr pas les conséquences des divorces, dont on nous promet une forte augmentation en conséquence du confinement, sur la propriété des logements. En bref, Covid-19 aura un effet glacial sur le comportement des consommateurs sur le marché immobilier, tant pour l’offre que pour la demande.

Est-ce un avant-goût de l’apocalypse économique? On veut seulement montrer que les principaux acteurs économiques, les ménages en l’occurrence, peuvent «faire défaut», c’est-à-dire faire faillite. Ceci arrive d’ailleurs chaque jour «en temps normal», mais dans des proportions totalement maitrisables par les institutions financières. Covid-19 montre que, derrière la crise actuelle, il y en a une autre toute aussi grave. Puisque cela nous pend au bout du nez, cela explique pourquoi les banques ont très vite trouvé les moyens de prêter aux entreprises qui leur demandaient des crédits-relais.

Certes, elles ont reçu un ordre de marche du Conseil fédéral. Mais il fallait surtout éviter aux entreprises qu’elles ne fassent défaut et créent de facto des chômeurs qui feraient à leur tour défaut tôt ou tard. D’où aussi la solution facile du recours aux horaires de travail partiels. Mais personne n’a manifestement pensé, ou voulu penser, à ceux qui peuvent aussi faire défaut et pour lesquels, hormis l’assurance perte de gain dans le meilleur des cas, il n’y a aucun crédit-relais: les ménages!

Des pistes de solution

Dans un délai de quelques mois, si la machine économique ne repart pas autrement et mieux que par les coiffeurs et quelques autres artisans, on saura mieux ce qui se passera. En attendant, que peut-on, que pourrait-on faire? D’abord, quelques mois, c’est une éternité pour permettre aux institutions financières, en partenariat avec les Autorités, de se secouer plus fortement qu’elles ne l’ont fait en mars, sur ordre de la Confédération, pour réfléchir aux portes de sorties qu’elles pourront ouvrir à leur clientèle des ménages. C’est vital pour elles, au sens primaire du mot car, la clientèle des banques en Suisse est essentiellement celle des ménages et des PME. Ensuite, arriver par exemple à maintenir des taux d’intérêt bas pourrait permettre à tous, entreprises et particuliers, de garder la tête hors de l’eau pour passer cette phase. Restera cependant la question du chômage à court et moyen terme qui peut, en créant une diminution des revenus, être un facteur de déclenchement des défauts.

Il faudrait aussi bien sûr relancer l’activité pour relancer la consommation. Plus vite dit que fait malgré ce que prétendent certains thuriféraires politiques. D’une part en effet, cela dépend fortement de l’étranger – un franc sur deux est (était) gagné hors des frontières – où aucune économie n’est vraiment prête au redémarrage. D’autre part, bien des entreprises sont tout simplement groggy. Pour qu’elles investissent à nouveau et embauchent, donc distribuent des revenus, il faudrait réfléchir à des solutions leur donnant tout simplement de l’air.

Par exemple, réfléchir à l’effacement de la dette du Covid-19 (prêts garantis et autres mesures), aide aux paiements des intérêts hypothécaires comme vient de le décider le canton de Fribourg pour les établissements hôteliers, lancement d’un emprunt Covid pour financer des investissements immédiats dans les infrastructures et ainsi employer une main d’œuvre qui sinon va tourner en rond, … En fait, même si certains assurent qu’il faut être prudent et penser à la charge qu’on pourrait laisser aux générations futures, on peut leur répondre que leur attitude face au financement de l’AVS a exactement été le contraire et que les générations futures seront peut-être satisfaites de voir les perspectives que ce courage leur aura ouvertes.

En bref, pour passer la vague économique du Covid 19, ce qu’il faudrait à la Suisse, ce sont des responsables assez courageux pour lancer un nouveau Plan Marshall.

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