Le Parlement de l’UE réécrit l’histoire

Publié le 1 octobre 2019

La station de métro Stalingrad, Paris.

L’information est si abracadabrante que les médias l’ont quasiment ignorée. Le Parlement européen a adopté le 19 septembre une longue résolution qui enseigne comment on doit célébrer la mémoire de la Seconde guerre mondiale. Avec à la clé une manipulation grossière: le conflit aurait été déclenché par le pacte germano-soviétique du 23 août 1939. Telle est la version de l’histoire que cherchent à imposer la Pologne et d’autres pays de l’est européen. Heureusement, ce texte n’a pas force de loi. C’est à chacun de réfléchir librement aux causes de cette tragédie mondiale.

La manoeuvre a été minutieusement préparée par les députés polonais du parti au pouvoir. Celui-ci est engagé dans un vaste travail, à l’intérieur et à l’extérieur, visant à faire porter la coresponsabilité de l’URSS dans la Seconde guerre mondiale, « conséquence directe, prétend le texte en question, du pacte germano-soviétique ». Comme si Hitler n’avait pas été prêt à tout pour parvenir à ses fins ! Les artisans de la mémoire officielle polonaise, suivis par des parlementaires européens peu attentifs, tendent aussi à minimiser le rôle des régimes fascistes d’alors,  en Italie, en Roumanie et en Hongrie, et surtout, ils font tout pour effacer une réalité: l’antisémitisme, avant-guerre à l’est du continent, était aussi virulent qu’en Allemagne. Plusieurs groupes, dans plusieurs pays, ont prêté main-forte aux nazis dans leur sinistre tâche. Mais chut, on ne doit plus parler de cela à Varsovie, à Budapest, à Bucarest, à Zagreb, à Vilnius, Tallinn, Riga et ailleurs… Le make-up historique du 21ème siècle a passé par là.

La résolution européenne ainsi manipulée a été votée avec 535 oui, 66 non et 52 abstentions, en l’absence d’une centaine de députés. La droite et la gauche ont permis l’adoption de ce texte proposé par 19 parlementaires, dont 18 Polonais et un Lituanien. Tous l’avaient-ils lu et mesuré sa portée ? On en doute. Comment cette assemblée a-t-elle pu accepter de donner ainsi une leçon mémorielle simpliste et orientée ?

Rappel des faits. Dans la chronologie. Dès la publication de Mein Kampf, dès son accession au pouvoir, Hitler n’a...

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