A Davos comme ailleurs, la Suisse continue de faire illusion sur sa neutralité et son rôle de médiatrice. Mais la réalité est tout autre: elle participe à des exercices de l’OTAN, s’implique contre la Russie et souhaite signer avec l’UE des accords qui, loin d’être uniquement techniques, transformeront ses institutions. Alors, neutre ou pas neutre? Le peuple tranchera. De sa décision dépendra l’avenir du pays.

«Il faut que tout change pour que rien ne change»! Pas sûr que la formule du Guépard soit d’un grand secours pour comprendre la politique extérieure et de sécurité de la Suisse d’aujourd’hui. Même une chatte ne retrouverait probablement pas ses petits dans cette salade géopolitique. Pour simplifier: au moment où l’amer cru 2026 du Forum économique mondial (WEF) se déguste à Davos, comme un verre d’huile de foie de morue, la Suisse est officiellement neutre mais, en réalité, membre de facto de l’OTAN; officiellement, elle est la factrice entre Washington et Téhéran mais, en réalité, il n’y a probablement plus, depuis longtemps, de courrier à délivrer, son rôle ayant été repris par d’autres (Oman ou le Qatar); officiellement, elle n’est pas membre de l’UE mais, en réalité, elle l’est de facto si l’on considère l’entrain avec lequel elle s’aligne sur Bruxelles à chaque occasion; officiellement, elle reste un pays facilitateur de paix mais, en réalité, elle n’a pratiquement plus de mandat; officiellement, elle est impartiale entre l’Occident et la Russie mais, en réalité, elle a coupé tout lien avec Moscou; officiellement, elle devrait jouer un rôle au Moyen-Orient mais, en réalité, elle s’en est exclue elle-même; officiellement, elle devrait être la défenseuse du droit humanitaire mais, en réalité, elle est muette comme une carpe sur le sujet! On pourrait rallonger la liste, mais à quoi bon? La démonstration que quelque chose de sérieux est arrivé à la Suisse n’est plus à faire.

Le WEF de Davos ou le...

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