Neutralité suisse

« Nous sommes trop laxistes à reconnaître l’État palestinien »

GéopolitiqueEntretienLibre

« Nous sommes trop laxistes à reconnaître l’État palestinien »

Ancien conseiller fédéral et président de l’Assemblée générale des Nations unies, Joseph Deiss revient dans cet entretien sur son parcours et les grands défis de la diplomatie suisse. Enregistré le 28 septembre 2026 à Lausanne, quelques jours après le vote sur l’Initiative neutralité, cet entretien interroge la place de la Suisse dans un ordre international traversé par les guerres et les rapports de force.

Joseph Deiss 16 octobre 2026 2 min de lecture

La neutralité, la gauche et la guerre

GéopolitiqueArticle

La neutralité, la gauche et la guerre

La gauche suisse, historiquement porteuse des luttes pour la paix, se retrouve divisée face à l'initiative sur la neutralité. Tandis que PS, Verts et SolidaritéS rejoignent une union sacrée avec la droite et les milieux économiques pour la combattre, une minorité pacifiste et internationaliste y voit au contraire un outil de non-alignement face aux impérialismes. Entre désir de sanctions, dépendance croissante à l'OTAN et bons offices oubliés, cette fracture interroge: comment les gauches peuvent-elles retrouver un chemin commun vers la paix?

Anne Voeffray

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

GéopolitiqueArticle

«En cas de guerre contre la Russie, la Suisse prendra parti aux côtés des Etats membres de l’OTAN»

Le journaliste alémanique Rafael Lutz a publié, le 19 août 2026, un livre qui fait couler beaucoup d’encre: «Das NATO-Netzwerk in der Schweiz». A l’aide de documents obtenus en vertu de la loi sur la transparence, il décrit un réseau de fonctionnaires, d'experts et de journalistes qui œuvrent au rapprochement méthodique de la Suisse avec l'OTAN. Après l'intervention de l'avocate d'une haute fonctionnaire visée par un chapitre, les grands libraires alémaniques ont retiré le livre de la vente. Aucune décision de justice n'a été rendue. A trois semaines du vote sur l'initiative pour la neutralité, Rafael Lutz livre ici sa première interview dans un média romand.

Martin Bernard

Et si la Suisse réinventait la neutralité?

PhilosophieArticleLibre

Et si la Suisse réinventait la neutralité?

La neutralité suisse a toujours évolué avec son époque. Face à un monde où les frontières entre les crises, les savoirs et les visions du monde deviennent de plus en plus poreuses, une nouvelle forme de neutralité pourrait émerger: non plus seulement politique, mais épistémique. Une manière de préserver des espaces de dialogue, de relier des connaissances et d'accueillir la complexité sans renoncer au jugement.

Yves Borgeaud

Derrière le mot neutralité

GéopolitiqueArticle

Derrière le mot neutralité

Nous voilà submergés d’arguments pour ou contre l’initiative soumise au peuple le 27 septembre. Et si l’on s’interrogeait sur la nature même de ce mot, la neutralité. Ce n’est pas un principe philosophique, c’est un comportement individuel ou collectif face à une situation de conflit. Pas seulement une guerre, parfois une simple dispute. Un choix personnel. Fermer les écoutilles ou pas. Prendre parti ou pas. Se taire ou agir.

Jacques Pilet

«Immorale», «myope», «indifférente»: le vieux procès de la neutralité suisse

GéopolitiqueArticle

«Immorale», «myope», «indifférente»: le vieux procès de la neutralité suisse

La neutralité helvétique est aujourd’hui au cœur de nombreux débats. J’en rappelais quelques enjeux dans mon article de la semaine dernière. Prenons maintenant un peu de hauteur historique pour rappeler que la Suisse n’a pas toujours été un îlot de paix au cœur de l’Europe. Et qu’il existe des précédents méconnus au moralisme anti-neutralité, qui ne sont pas sans ressembler à la situation actuelle.

Martin Bernard

Neutralité helvétique et libido en baisse

GéopolitiqueArticle

Neutralité helvétique et libido en baisse

Après deux ans d’absence, les tragi-comiques péripéties des Schinken Pochon sont de retour. Cette chronique humoristique met en scène une famille bien suisse. Ses membres réagissent diversement à l’actualité, en fonction de leurs convictions et de leurs névroses — l’un allant rarement sans l’autre. Dans cet épisode, c’est Jacques-André Schinken, le père, qui prend la parole.

Patrick Morier-Genoud

Non, défendre la neutralité suisse ne fait pas de vous un agent du Kremlin

GéopolitiqueArticleLibre

Non, défendre la neutralité suisse ne fait pas de vous un agent du Kremlin

Alors que la votation du 27 septembre prochain sur l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse» approche, une offensive médiatique et politique se déploie pour assimiler ses défenseurs à des relais du Kremlin. L’image IA diffusée par l’élu suisse Philippe Nantermod (PLR) montrant Poutine embrasser la Suisse en est l’illustration. Derrière la dénonciation de l’«ingérence russe», se joue un débat plus profond, celui de la crédibilité de la neutralité helvétique depuis 2022 et du droit de critiquer le narratif dominant sans être taxé de pro-Poutine.

Martin Bernard

L’affaire Abunimah ou la faillite de l’Etat de droit suisse

GéopolitiqueEnquête

L’affaire Abunimah ou la faillite de l’Etat de droit suisse

En 2025, Ali Abunimah, un journaliste palestino-américain, était arrêté à Zurich. Enfermé pendant trois jours, il a été expulsé, menotté. Depuis, la Confédération, désavouée par les tribunaux, a reconnu ses torts. Mais elle continue d'esquiver la question centrale: sur ordre de qui Abunimah a-t-il été arrêté? Quels conflits d'intérêts ou influences ont pesé sur cette décision? L’affaire interroge la capacité des institutions suisses à résister aux influences politiques extérieures.

Laurent Desaison

Quand l’armée suisse était un laboratoire de la guerre cognitive occidentale

HistoireEnquête

Quand l’armée suisse était un laboratoire de la guerre cognitive occidentale

Dans la mémoire collective suisse, l’armée incarne la défense ultime de la neutralité. Une armée de milice, ancrée dans le territoire, méfiante à l’égard des grandes puissances, gardienne sourcilleuse de l’indépendance nationale. Pourtant, dès les années 1950, cette institution se retrouve au cœur d’un flux intense d’informations stratégiques venues de l’étranger. Une part significative de ces analyses porte, évidemment, sur un sujet: la menace soviétique. Ce discours ne vient pas directement de Londres ou de Washington. Il transite par des canaux plus discrets, dans un espace rarement interrogé par l’historiographie: les revues militaires helvétiques.

Jean-Christophe Emmenegger

Comment les services britanniques ont influencé la presse suisse pendant la guerre froide

HistoireEnquête

Comment les services britanniques ont influencé la presse suisse pendant la guerre froide

Pendant des décennies, la Suisse s’est pensée et a été perçue comme un observateur distant de la guerre froide. Neutre, prudente, à l’écart des blocs, elle aurait traversé l’affrontement Est-Ouest sans vraiment y prendre part. Cette représentation rassurante a durablement façonné la mémoire collective helvétique. Les archives racontent une autre histoire.

Jean-Christophe Emmenegger

Une schizophrénie helvétique

GéopolitiqueArticle

Une schizophrénie helvétique

A Davos comme ailleurs, la Suisse continue de faire illusion sur sa neutralité et son rôle de médiatrice. Mais la réalité est tout autre: elle participe à des exercices de l’OTAN, s’implique contre la Russie et souhaite signer avec l’UE des accords qui, loin d’être uniquement techniques, transformeront ses institutions. Alors, neutre ou pas neutre? Le peuple tranchera. De sa décision dépendra l’avenir du pays.

Georges Martin

La Suisse des années sombres, entre «défense spirituelle» et censure médiatique

HistoireArticle

La Suisse des années sombres, entre «défense spirituelle» et censure médiatique

En période de conflits armés, la recherche de la vérité est souvent sacrifiée au profit de l’union nationale ou de la défense des intérêts de l’Etat. Exemple en Suisse entre 1930 et 1945 où, par exemple, fut institué un régime de «liberté surveillée» des médias qui demandait au journaliste d’«être conscient de ses responsabilités» et de «restreindre la liberté d’appréciation en matière internationale afin de sauvegarder le principe de neutralité et de conserver de bonnes relations avec tous les belligérants».

Martin Bernard