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Racisme: reconnaître le privilège blanc est un acte politique

Corinne Bloch

Par Corinne Bloch · Publié le 13 février 2026 · 19 min de lecture

Racisme: reconnaître le privilège blanc est un acte politique
© Depositphotos

La vidéo des Obama grimés en singes a choqué. Pourtant, le racisme n’est pas constitué uniquement de propos haineux ou de déviances morales condamnables. Le diable se cache aussi dans les détails et les rapports de pouvoir. L’Union européenne vient d’adopter une nouvelle stratégie antiraciste qui reconnaît l’existence d’un racisme plus systémique. Reconnaître le privilège blanc n’est pas une fin en soi. C’est un point de départ.

Sommaire

La nouvelle stratégie antiraciste 2026-2030 de la Commission européenne, adoptée le 20 janvier dernier, reconnaît qu’il existe un racisme systémique et propose une approche transversale. Les autorités locales sont mobilisées pour favoriser l’inclusion et lutter contre les discriminations au plus près des citoyens, et les politiques éducatives sont renforcées en coopération avec l’UNESCO. Objectif: instituer une «Union de l’égalité». En résumé: la stratégie propose de traiter le racisme comme un phénomène structurel et non plus uniquement comme des comportements individuels. Car le racisme, plus sournois qu’il n’y paraît, persiste en Suisse, en France et dans le reste de l’Europe.

«Noirs en France»

Laetitia Hélouet* a été nommée rapporteure à la cour des comptes, la plus haute juridiction financière française, à l’âge de 41 ans. Pourtant, chaque fois qu’elle rencontre de nouvelles personnes dans le cadre professionnel et qu’elle est accompagnée de sa jeune assistante, c’est à cette dernière que l’on s’adresse, convaincu qu’elle est la rapporteure et que Laetitia est sa subalterne. Car si Laetitia Hélouet est grande, élégante et brillante, elle est aussi… originaire de la République du Congo.

C’est comme ça. Tout le temps. C’est en tout cas ce qu’elle confie dans le documentaire Noirs en France, sorti en 2022. Il n’y a pas, a priori, de volonté de nuire de la part de ses interlocuteurs — généralement fort mal à l’aise lorsqu’ils réalisent leur bourde — juste un vieux réflexe, un relent passéiste, un préjugé malheureux, un piège dans lequel n’importe lequel d’entre nous pourrait tomber. Car, qu’on le veuille ou non, une femme noire ne correspond pas à l’idée qu’on se fait d’une haute fonctionnaire de la République française. On peut s’en défendre ou le déplorer, c’est un fait.

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