Un livre qui incendie les boyaux… comme la faim


«Personne ne peut se sentir aussi inutile qu’une mère qui n’a même pas une étincelle d’avenir à proposer à son enfant», écrit Nétonon Noël Ndjékéry, dans un récit qui met en scène l’une des pires tragédies de tous les temps. Aujourd’hui encore, la faim tue 25'000 personnes par jour, selon le rapport 2017 de la FAO. Et les variations climatiques ne vont pas arranger la donne. L’écrivain vaudois d’origine tchadienne prête sa voix aux victimes de ce scandale.
La minute mongole, c’est un petit recueil de cinq nouvelles paru aux éditions La Cheminante. On peut l’avoir lu dès sa sortie en 2014 et en garder néanmoins un souvenir tenace. Le dernier récit intitulé Maman, les cocos? laisse en particulier une empreinte indélébile. D’abord à cause de la force d’expression d’un style particulièrement imagé où aucune métaphore n’est gratuite. Dès les premières lignes, la description donne le ton:
«Avec la complicité d’une étoile en verve, un croissant de lune, plus délié qu’une lame de faucille neuve, dessine au-dessus de l’horizon un énorme point d’interrogation.»




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