Epstein était-il vraiment un «agent russe», comme le suggèrent certains médias?

Publié le 20 février 2026

Jeffrey Epstein (à gauche) et Sergei Belyakov, son principal contact connu en Russie. © DR

Les documents déclassifiés révèlent des contacts réels entre le financier pédocriminel et des figures russes, dont un ex-vice-ministre proche du FSB et des tentatives répétées de contacts avec Vladimir Poutine et Sergueï Lavrov. Si certains médias occidentaux y voient la marque d’un agent d’influence du Kremlin, les preuves d’une collaboration structurée avec les services russes sont à ce jour inexistantes. Les titres à sensation illustrent surtout le biais antirusse des grands médias occidentaux.

L’affaire Epstein n’en finit plus de défrayer la chronique, à juste titre. L’ampleur du réseau révélé par les quelque 3 millions de documents publiés le 30 janvier dernier laisse pantois. Dans mon précédent article, j’évoquais l’origine de sa fortune, ses connexions avec Ehud Barak et Robert Maxwell, ainsi que les opérations de blanchiment d’argent et de financements opaques pour lesquelles il aurait joué le rôle de plaque tournante.

Parmi les nombreuses ramifications possibles de cette affaire, les grands médias focalisent leur attention avec insistance sur l’une d’entre elles: les liens d’Epstein avec la Russie et ses services de renseignement. Comprendre: le milliardaire aurait été un agent d’influence de Poutine.

Sur France 5, Vincent Crouzet, présenté comme un ancien agent de la DGSE, a estimé qu’Epstein constituait une «proie facile» pour le renseignement russe. Sur France Info, le 7 février 2026, la journaliste Marie Jégo du quotidien Le Monde évoque des liens étroits avec des oligarques russes et un rôle de facilitateur d’influence. Dans la presse suisse, pas mieux: Le Temps, le 6 février 2026, parle de «liens tentaculaires» entre Epstein et la Russie, évoquant un mélange de sexe, de trafic d’influence et d’espionnage. Cette insistance n’est pas une surprise. Les médias ne manquent jamais une occasion de pointer du doigt Moscou et son régime honni. Mais quelle est la base factuelle permettant de relier Epstein au Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie, le fameux FSB?

Premièrement, l’Europe de l’Est et la Russie...

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