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A Jérusalem, porter une croix devient dangereux

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 15 mai 2026 · 16 min de lecture

A Jérusalem, porter une croix devient dangereux
Des pèlerins chrétiens traversant la Via Dolorosa à Jérusalem. © Depositphotos

Dans la Ville Sainte, les violences contre les chrétiens se multiplient depuis le 7 octobre 2023. Agressions physiques, pressions foncières, accès aux lieux saints refusé… Arméniens comme orthodoxes, présents depuis plus de quinze siècles sur les lieux, se battent pour y rester.

Sommaire

Alors que les atrocités commises à Gaza et les bombardements du Liban attirent l’attention internationale, les violences contre les chrétiens sont moins médiatisées. Pourtant, depuis le 7 octobre 2023, elles n’ont cessé de s’intensifier. En Cisjordanie, mais aussi à Jérusalem. Une recrudescence de 40 % en 2025, selon l’organisation interreligieuse israélienne Rossing Center for Education and Dialogue, qui a recensé 155 incidents l’an dernier, dont 61 agressions physiques et 52 attaques contre des propriétés ecclésiastiques. Début janvier, des dizaines de tombes chrétiennes ont aussi été vandalisées à Jérusalem.

L’organisation précise que ces chiffres ne constituent que «la pointe de l’iceberg». Selon elle, la grande majorité des incidents n’est jamais signalée et la plupart des plaintes déposées sont classées sans suite. Séparément, la ligne téléphonique du Religious Freedom Data Center a enregistré 181 incidents sur la même période, dont 43 dans le seul quartier arménien de Jérusalem. Selon la presse israélienne, ces actes seraient favorisés par le climat d’impunité dont jouissent les extrémistes nationalistes depuis l’arrivée au gouvernement de partis d’extrême droite. Le gouvernement assure qu’il s’agit de cas isolés, en aucun cas d’une politique d’Etat. Il met en avant la légère augmentation de la population chrétienne au niveau national (+ 0,7 % par an environ), principalement en Galilée.

Les cas médiatisés

Quelques incidents ont été largement commentés. Récemment, la photo d’un soldat israélien détruisant à coups de marteau une statue de Jésus a fait le tour du monde. Fin avril 2026, un autre incident a suscité l’émoi. Une religieuse française de 48 ans, chercheuse à l’Ecole Biblique de Jérusalem, a été agressée physiquement alors qu’elle marchait près du tombeau de David. La vidéo de l’attaque, captée par des caméras de surveillance, a rapidement circulé. Le journaliste américain Tucker Carlson en a parlé dans son podcast suivi par des millions de personnes. L’Université hébraïque de Jérusalem, avec laquelle l’institution est affiliée, a dénoncé «un schéma préoccupant d’hostilité croissante envers la communauté chrétienne», et non un acte isolé. Le suspect n’a été arrêté qu’après que l’affaire a été largement relayée dans les médias.

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