Cette chronique humoristique met en scène les tragi-comiques péripéties des Schinken Pochon, une famille bien suisse. Ses membres réagissent diversement à l’actualité, en fonction de leurs convictions et de leurs névroses — l’un allant rarement sans l’autre. Dans cet épisode, c’est Simon-Pierre, le fils, qui prend la parole.
Jacques-André Schinken est professeur d’histoire-géographie, il vote socialiste, il a 56 ans. Nadège Pochon est psychologue, elle vote UDC, elle a 55 ans. Ils ont deux enfants, Simon-Pierre, 21 ans, étudiant en droit, et Prune, 19 ans, artiste.
Oh, Bibi, comme tu es beau! Son portrait est punaisé au plafond, au-dessus de mon lit. C’est son viril et perçant regard que je vois en dernier avant de m’endormir et en premier au réveil. Derrière lui flotte le drapeau israélien. Benjamin Netanyahu m’a sauvé de la dépression. Enfin un dirigeant à la hauteur! J’attends la réponse de l’ambassade d’Israël à ma demande de naturalisation. Je suis même prêt à y faire mon service militaire, prêt à aller raser Gaza, à coloniser la Cisjordanie.
Les Suisses sont des mauviettes, tout le monde se plaint de la hausse des primes maladie. Papa, c’est normal, il est socialiste. Prune aussi, cette gouine LGBT truffée d’IST (infections sexuellement transmissibles, ndlr.). Même maman râle, alors qu’elle vote UDC. Si les Suisses étaient plus virils, ils seraient moins malades. «Je te rappelle que tu as attrapé la variole du singe dans le sauna des White Falcons», persifle cette sorcière de Prune. Il s’agissait d’un complot, d’une barbouzerie fomentée par les islamo-wokistes!






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