Ivresses bellicistes


Le 5 mars, le président français Emmanuel Macron s’est adressé à ses concitoyens lors d’une allocution télévisée durant laquelle il a désigné la Russie comme une menace pour la France et l’Europe. Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne, n’est pas en reste.
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«La patrie a besoin de vous et de votre engagement… La Russie est une menace pour la France et l’Europe… Elle s’en prend déjà à nous…» Le discours exalté d’Emmanuel Macron a stupéfait les Français. Beaucoup, à gauche comme à droite, opinent du bonnet. D’autres renâclent, se fâchent, ou rigolent, voyant bien le bénéfice politicien retiré de cet emballement. On ne va pas renverser le gouvernement quand la guerre est à la porte, et encore moins le président.
Cet accès de fièvre ne serait pas trop grave s’il ne s’ajoutait à des discours semblables au niveau européen. Où Ursula von der Leyen, bien au-delà de son mandat, se voit nantie d’un pouvoir suprême, bien décidée à faire taire les voix divergentes. Ce qui d’ailleurs ne plaît pas partout ni à tous.
Rhétorique belliqueuse
Voilà une occasion d’analyser les ressorts de la rhétorique belliqueuse. Celle-ci suppose de se détourner d’un sage principe: devant un conflit potentiel, il convient tout à la fois de s’y préparer et de le prévenir par la diplomatie, par la discussion entre les parties. Si l’on veut chauffer les foules, il s’agit au contraire d’ancrer d’emblée l’intransigeance et le manichéisme. La parole doit être simple. Plus elle choque plus elle impacte. Telle la phrase prononcée par la première ministre danoise, Mette Frederiksen: «La paix est plus dangereuse que la guerre.»




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