Sismique et déroutante, la nouvelle stratégie de sécurité américaine marque une rupture historique. Après un exercice d’introspection critique, Washington opte pour un repli stratégique assumé, redessine sa doctrine autour des priorités nationales et appelle ses partenaires — surtout européens — à une cure de réalisme. Un tournant qui laisse l’Europe sonnée et démunie.
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Pour décoiffer, elle décoiffe, la nouvelle stratégie de sécurité américaine! Le document, publié le 5 décembre dernier, concentré sur 32 pages très denses, met fin à trois décennies d’expansion tous azimuts, de guerres sans fin et de prétention illimitée à l’hégémonie mondiale. Pour les Européens, qui n’arrivent pas à se faire à l’idée qu’ils sont largués et ne comptent plus, c’est la douche froide.
Comme d’habitude, l’Amérique donne le ton avec un temps d’avance. Dans la douleur, après une ultime tentative suprémaciste sous l’ère Biden, les Etats-Unis ont pris acte que le monde était devenu multipolaire et qu’ils n’avaient plus la capacité d’interférer, de contrôler, de régenter à plein temps la planète entière. Il ont compris qu’il valait mieux opérer un repli stratégique afin de se refaire une santé économique et de réparer les ressorts cassés de leur puissance, plutôt que s’épuiser dans de vains combats et l’imposition de chimères idéologiques — démocratie, droits de l’homme, libre-échange sans limite — dont le reste du monde ne voulait pas, ou du moins pas sous cette forme.
Qu’elle soit durable ou pas, cette nouvelle stratégie met fin à la doctrine Wolfowitz, qui visait à assurer l’hégémonie américaine partout dans le monde, dans tous les domaines et à n’importe quel prix, ainsi qu’au règne des néoconservateurs clintoniens et bushiens qui ont empoisonné la politique étrangère américaine depuis trente ans.






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