La défense antiaérienne, nouvelle banalité du quotidien en Russie


Drones interceptés, GPS brouillé, applications qui exigent un VPN, affiches de recrutement aux arrêts de bus : en Russie, la guerre s’est installée dans le quotidien, bien au-delà du front. Notre journaliste Victoria Grineva, qui réside depuis de nombreuses années en Suisse, a donné la parole à des proches qui vivent au pays. Un père de famille, une femme qui a perdu son frère au combat et une entrepreneuse racontent comment on vit avec, entre résilience, fatalisme et lassitude. Premier épisode de la série « Entre ciel et abîme. La Russie en 2026. »
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Entre ciel et abîme: la Russie en 2026 (1/6)
On décrit volontiers la Russie comme un État tampon entre l’Europe et l’Asie. Les Russes, eux, plaisantent en disant qu’elle se situe quelque part entre le ciel et l’abîme. C’est un pays où les superstitions se mêlent aux grandes avancées technologiques, un pays qui repense ses anciennes amitiés géopolitiques, qui résout les crises internes de la société moderne et mène le bal du monde multipolaire.
Les étrangers connaissent généralement moins la Russie que les Russes ne connaissent l’Europe et l’Occident. Pourtant, la Russie contemporaine est aussi éloignée des Tsiganes et des ours que la France ne l’est de ses cuisses de grenouille. Un exercice particulièrement instructif consisterait à séparer le bon grain de l’ivraie, la réalité du folklore médiatique et de la propagande. L’ADN russe est aussi riche et généreux qu’un bortsch bien mijoté, et en 2026, le pays continue de bouillonner au rythme des transformations.




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