Pendant que l’Europe s’adonne à la guerre, le reste du monde avance


Les violences spectaculaires, les discours alarmistes et l’emballement idéologique ne relèvent pas du hasard. Mais tandis que l’Europe s’enferme dans la fureur et une posture irresponsable, le reste du monde esquisse les contours d’un ordre mondial alternatif fondé sur le dialogue, la retenue et la multipolarité.
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Qu’y a-t-il de commun entre la tuerie de Sydney et la frénésie guerrière en Ukraine? Entre deux tireurs fous qui massacrent quinze juifs célébrant la Hanoukah sur une plage des mers du Sud, et un quarteron de dirigeants européens apparemment rationnels et bien élevés, mais qui poussent à une guerre à outrance dans la région du Dniepr? Rien en apparence, mais tout en réalité!
L’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder a posé la même question à sa façon: «Depuis quand la paix est-elle devenue un crime en Europe?» Pour comprendre la relation entre ces événements, si dissemblables qu’ils puissent paraître, il faut lire ou relire Le monde d’hier de Stefan Zweig et L’âge de la colère de l’intellectuel indien Pankaj Mishra.
Le premier décrit la disparition de l’Europe d’avant 1914 et montre le naufrage d’une civilisation européenne fondée sur la paix, l’essor des libertés, le progrès des sciences et de la culture, lorsque ces idéaux humanistes sont anéantis par la défaillance de la raison et la soumission à la folie belliciste. Il critique sans concession l’aveuglement des élites et la trahison des clercs, emportés par la montée vers les extrêmes.




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