Ukraine: un scénario à la géorgienne pour sauver ce qui reste?

Jean-Christophe Emmenegger

Par Jean-Christophe Emmenegger · Publié le 21 novembre 2025 · 22 min de lecture

Ukraine: un scénario à la géorgienne pour sauver ce qui reste?
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L’hebdomadaire basque «Gaur8» publiait récemment une interview du sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko. Un témoignage qui rachète l'ensemble de la propagande — qui souvent trouble plus qu’elle n’éclaire — déversée dans l’espace public depuis le début du conflit ukrainien. Entre fractures politiques, influence des oligarchies et dérives nationalistes, il revient sur les causes, volontiers ignorées, du conflit et explore les scénarios possibles pour l’avenir du pays.

Sommaire

Le 15 novembre dernier, l’hebdomadaire basque Gaur8 publiait une longue interview du sociologue ukrainien Volodymyr Ishchenko [1]. Dans une perspective progressiste, mais réaliste, celui-ci y livrait une analyse détaillée des origines de la guerre et des futurs possibles pour l’Ukraine, en marge du festival «Read» de Barcelone — une nouvelle convention du livre indépendant réunissant des éditeurs du monde entier, dont la première édition s’est tenue du 17 au 19 septembre dernier dans une ancienne prison emblématique du régime franquiste.

Concernant les causes de la guerre, d’abord: comment expliquer qu’une manifestation populaire, mettant aux prises, dès fin novembre 2013, des citoyens opposés au gouvernement ukrainien, ait pu dégénérer à ce point, en 2014, en un conflit civil, avec des groupes de citoyens prenant les armes de part et d’autre, puis en guerre à bas bruit dans le Donbass et, enfin, depuis 2022, en une guerre de haute intensité tenant le monde entier — ou presque — en haleine? Est-ce la faute de l’expansion de l’OTAN? Celle de l’impérialisme russe? S’agit-il de la suite logique d’une guerre civile? Rien de tout cela exclusivement, selon Volodymyr Ishchenko: «Se contenter de combiner toutes ces explications ne nous donne pas une image plus claire. Combiner des explications fausses ou partielles ne permet pas d’atteindre la vérité.»

La guerre en Ukraine a d’abord été un conflit civil

Pour le sociologue, «il est important de rappeler que cette violence collective armée a débuté en Ukraine, avant toute action de la Russie, comme un conflit civil entre le gouvernement et l’opposition ukrainienne. En effet, durant les derniers jours de l’Euromaïdan (ndlr. Manifestations proeuropéennes qui se sont déroulées en Ukraine de novembre 2013 à février 2014, aussi appelées le Maïden), des dizaines de personnes ont été tuées, tant parmi les manifestants que parmi les policiers. À la fin du mois de février, les gens ont pris les armes. C’est alors que la Russie est intervenue et que le conflit s’est intensifié.»

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