Le père d’Omran: «Mon fils va très bien, merci!»

Daria Mihaesco

Par Daria Mihaesco · Publié le 20 juin 2017 · 2 min de lecture

Le père d’Omran: «Mon fils va très bien, merci!»

La photographie de ce petit garçon martyr des bombardements d'Alep a marqué les esprits. Dans une interview à RT, son père dénonce l'instrumentalisation de l'image de son fils par les médias occidentaux.

L’agence de presse russe, Ria Novosti reprend l’enquête de RT qui a retrouvé l’enfant et sa famille et accuse la presse occidentale d’avoir instrumentalisé le cas. Le père raconte dans une longue interview, avec son fils en pleine forme sur ses genoux, comment se sont déroulés les évènements. Il précise qu’après le bombardement de la maison, il se précipite pour sortir ses enfants des décombres.

Il extrait ainsi en premier Omran et le dépose devant la maison pour immédiatement retourner trouver les autres membres de la famille. Lorsqu’il en ressort avec le frère d’Omran, il ne retrouve pas son fils qui a déjà été emmené par les casques blancs même si d’après le père les blessures n’étaient que superficielles. Le père se dit aujourd’hui choqué par l’attitude des photographes et l’utilisation de l’image de son fils sans son consentement et «dans un but de propagande».
Les casque blancs sont extrêmement décriés en Russie et sont régulièrement accusés d’être affiliés directement aux Etats-Unis et de n’exister que dans les territoires tenus par les rebelles et affiliés aux forces d’Al Nosra.
Aux Oscars, un documentaire leur étant dédié a gagné un prix, mais les représentants des casques blancs n’ont pas pu prendre la statuette car ils se sont fait refouler à l’aéroport de Los Angeles.

RT ajoute que le bombardement n’était probablement pas le fait de la Russie ou du gouvernement syrien mais bien des rebelles.
Cela reste évidemment une hypothèse mais ce qui est sûr, c’est que la stupeur douloureuse de ce petit garçon n’était pas feinte. Un photographe, qui est un être humain avant tout, et quelle que soit ses intentions, ne devrait-il pas d’abord venir en aide à un enfant souffrant plutôt que de s’emparer d’une image qui pourrait marquer les consciences? Les nombreuses photos d’enfants mourant de faim en Afrique ou la photographie la plus célèbre d’entre elle de cette petite fille courant nue au Vietnam après une bombe au Napalm servent-elles vraiment un intérêt supérieur ou plutôt à augmenter les ventes d’exemplaires vendus? Cela pourrait être la vraie question.

 


L’interview parue dans Ria Novosti: Симоньян заявила, что RT разоблачил один из самых страшных фейков о Сирии

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Les deux leçons du 14 juillet

GéopolitiqueArticle

Les deux leçons du 14 juillet

Les Suisses n’ont aucune raison de mettre le nez dans la célébration de la Fête nationale française. Mais cette année, ils feraient bien, comme tous les Européens, d’ouvrir l’œil sur les particularités de l’évènement voulues par Emmanuel Macron.

Jacques Pilet

La Syrie sous emprise russe, ou comment Moscou tient encore Damas

GéopolitiqueArticle

La Syrie sous emprise russe, ou comment Moscou tient encore Damas

Bachar el-Assad a fui chez Poutine, mais la Russie, elle, est restée en Syrie. Cinquante ans de présence soviétique puis russe ont imprégné l'armée syrienne, ses élites, ses dettes et ses infrastructures d'une dépendance si profonde qu'aucun changement de régime ne saurait l'effacer d'un trait. Le président Ahmad al-Charaa le sait: se libérer de Moscou ne se fera pas en une rupture immédiate, c'est un chantier qui va durer plusieurs décennies.

Sid Ahmed Hammouche

Comment les Etats-Unis tentent de faire main basse sur le magot énergétique mondial

ÉconomieArticle

Comment les Etats-Unis tentent de faire main basse sur le magot énergétique mondial

Derrière les conflits récents, de l’Ukraine au Moyen-Orient, se joue une bataille bien plus vaste: celle du contrôle des ressources énergétiques mondiales. Depuis plus d’une décennie, Washington avance ses pions pour consolider sa domination, au prix d’un enchaînement de crises et de déstabilisations. Une stratégie désormais assumée et aux conséquences globales. Premier épisode d'une série d'articles.

Guy Mettan