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Damas, Beyrouth, Ankara: la nouvelle carte du Levant
Pendant que la France mise sur la reconstruction syrienne et que l'Iran cherche à revenir dans le jeu régional, le Liban, lui, reste à l'écart, oublié du cortège présidentiel français et des priorités diplomatiques. Entre insécurité persistante et rivalités de puissances, Paris joue seul sa carte au Levant, sans filet américain.

La Syrie sous emprise russe, ou comment Moscou tient encore Damas
Bachar el-Assad a fui chez Poutine, mais la Russie, elle, est restée en Syrie. Cinquante ans de présence soviétique puis russe ont imprégné l'armée syrienne, ses élites, ses dettes et ses infrastructures d'une dépendance si profonde qu'aucun changement de régime ne saurait l'effacer d'un trait. Le président Ahmad al-Charaa le sait: se libérer de Moscou ne se fera pas en une rupture immédiate, c'est un chantier qui va durer plusieurs décennies.

Syrie: de la chute à l’effondrement?
Le pays, autrefois acteur clé du Levant, est un Etat failli. Sans autorité, sans souveraineté, sans horizon politique. Morcelé, il est devenu un espace géopolitique ouvert, le terrain de jeu des puissances extérieures. Ce qui s’y joue dépasse le cadre syrien: dans le vide laissé par la disparition de l’Etat, la confrontation entre Israël et la Turquie s’annonce comme le prochain acte d’un conflit régional inévitable.

La folle fuite en avant de Netanyahu
Les bombes tombent à nouveau massivement sur Gaza et l’armée de terre s’y avance. L’accord visant à pacifier la bande et à libérer les otages est violé. Celui au Liban aussi. Les horreurs sont sans fin en Cisjordanie occupée. Israël veut rester en Syrie, aux portes de Damas. Et ses alliés américains bombardent le Yemen agressif. Où mène l’incendie généralisé au Moyen-Orient? Vers une guerre ouverte avec l’Iran? Jamais, dans la région, l’avenir n’a été aussi sombre.

Un crime en paravent face à d’autres
Les crimes de Bachar al-Assad dont nous ont abreuvés les médias ont permis de détourner l’attention de la situation à Gaza et au Liban où Israël continuer de massacrer des innocents et à violer le droit humanitaire en toute tranquillité.

A coups de diplomatie et de canon, la Turquie tisse sa toile sur l’ex-Empire ottoman
La prise de Damas le 8 décembre par les rebelles du Hayat Tahrir al-Sham (HTS) a rappelé au monde que, outre les Etats-Unis, la Russie et la Chine, une autre puissance pouvait jouer un rôle majeur sur l’échiquier mondial: la Turquie. La signature, trois jours plus tard, sous l’égide de Recep Tayyip Erdogan, d’un accord entre la Somalie et l’Ethiopie illustre la volonté turque de projeter sa puissance au-delà de ses frontières immédiates. Jusqu’aux confins de l’ex-Empire ottoman.

Syrie: surprises, surprises
Retournement total et inattendu en Syrie. Les explosions de joie des exilés – ils sont 65’000 en Suisse – sont bien compréhensibles. Il faut être naïf, cependant, pour croire qu’ils rentreront en nombre dans leur pays effondré. Et il pourrait en arriver d’autres, craignant, eux, la mainmise islamiste. Comment rester indifférent à ce bouleversement de dimension régionale, après Gaza, la Cisjordanie, le Liban…

Irak-Syrie: les Américains renforcent leur présence
L’émission «Tout un monde» de RTS la Première a donné la parole à une journaliste établie à Bagdad depuis plusieurs années, correspondante de divers médias francophones. Anne-Sophie Le Mauff révèle une opération secrète en cours depuis quatre mois, dont les médias ne parlent pas.

La Suisse plus présente en Syrie qu’il n’y paraît
Avant la tragédie sismique, on ne parlait guère de la Syrie. Il s’y passait pourtant des évolutions notables. Les pays du Golfe qui avaient mené la guerre contre elle aux côtés des djihadistes dès 2011, reconnaissant leur échec, renouent discrètement des relations avec Damas. Chez les Occidentaux, partisans d’un embargo total, certains y songent désormais. Et la Suisse? Elle s’active aussi. Au plan humanitaire depuis des années. Et au plan politique. Sur la pointe des pieds.

Droit de réponse
A la suite d’un article dans «Le Temps» qui travestissait mon regard sur la Russie et la Syrie, j’ai publié une réponse dans ce journal. Je la livre ici pour dissiper toute ambiguïté.

Quand Syrien rime avec destin
Documentaire à part, «Love of Fate» de Pierre-Alain Meier se présente comme un film composé de «chutes» d'une autre film, l'admirable «Eldorado» de Markus Imhoof. Bien plus qu'un supplément pour DVD ou qu'un film militant, il profite d'un événement imprévu pour approfondir la question de la crise des migrants, en l'occurrence syriens, et de notre regard sur ces derniers.








