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La Chine est aussi en Syrie

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 1 mai 2018 · 2 min de lecture

La Chine est aussi en Syrie
On parle du rôle que jouent la Russie, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Qatar, Israël, les puissances occidentales en Syrie, mais on ignore un autre acteur très discret: la Chine. - © DR

Suivre les évènements de Syrie à travers la bousculade des émotions, c’est légitime mais cela conduit à ignorer une part des enjeux. D’autant plus que les médias, de parti pris pour la plupart, ne livrent pas toutes les informations disponibles. On parle du rôle que jouent la Russie, l’Iran, l’Arabie saoudite, le Qatar, Israël, les puissances occidentales, mais on ignore un autre acteur très discret: la Chine. Elle a envoyé sur place des militaires et des entrepreneurs. En accord avec le gouvernement syrien qui espère d’elle une contribution à la reconstruction.

Ces derniers mois ont débarqué en secret, via la base russe de Tartous, des forces spéciales nommées les «Tigres de la nuit». Au motif de combattre en priorité les quelques milliers de militants ouïghours (ethnie musulmane en rébellion contre Pékin) qui ont rejoint certaines mouvances islamistes. On ne sait rien de leur engagement sur le terrain. 

Ce n’est pas tout. Cet allié puissant de l’Etat syrien, engagé comme lui dans la lutte contre l’islamisme, se pose en protecteur diplomatique prudent aux Nations Unies. Et surtout, au cours de plusieurs rencontres bilatérales, il a promis une contribution à la reconstruction du pays dévasté. Avec une vision à long terme: la Syrie se trouve à un point stratégique sur la nouvelle «Route de la Soie», au sud de la Russie, via l’Iran. La Chine s’active à construire cette artère transcontinentale entre elle et l’Europe pour moins dépendre des liaisons maritimes. 

Un homme d’affaires libanais de passage en Suisse nous confiait récemment: «Les Chinois sont partout en Syrie.» Au grand dam des Libanais qui convoitent eux aussi le marché de la reconstruction qui se fera tôt ou tard. Mais qui peut rivaliser avec des concurrents aussi puissants et riches? Des plans concrets se mettent en place en particulier dans le secteur des transports routiers et maritimes. Cet entrepreneur de Beyrouth se désole: «Si on fait du business en Syrie, on doit y renoncer ailleurs. Comme les Américains ont le contrôle du dollar, on doit passer au rouble ou au yuan. Que choisir?»

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