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Alexeï Navalny et la grenouille équatorienne

Guy Mettan

Par Guy Mettan · Publié le 27 février 2026 · 15 min de lecture

Alexeï Navalny et la grenouille équatorienne
20 février 2024: Fleurs et bougies posées au mémorial spontané de Vilnius en l'honneur d’Alexei Navalny. Opposant politique à Vladimir Poutine, il est mort en prison le 16 février 2024. © Depositphotos

Accusations intempestives, toxines exotiques et emballement médiatique: le scénario des empoisonnements russes se répète inlassablement. Après les cas Markov, Litvinenko ou Skripal, voici l’affaire Navalny, la dernière en date. Pourtant, à chaque fois, les certitudes politiques précèdent les preuves. Entre communication soigneusement orchestrée et zones d’ombre persistantes, une question demeure: que sait-on réellement?

Sommaire

Le sketch sur l’empoisonnement de Navalny continue. Le 14 février, à l’occasion de la dernière Conférence sur la sécurité de Munich, cinq pays européens – Suède, France, Grande-Bretagne, Allemagne et Pays-Bas – ont estimé urgent d’annoncer qu’ils étaient «assurés» que la Russie avait empoisonné le dissident russe avec une toxine hyper-mortelle provenant d’une grenouille équatorienne. Les médias européens se sont immédiatement embrasés: gros titres, commentaires scandalisés, ONG de défense des droits humains indignées. Et puis flop, deux jours après, plus rien.

Ainsi vogue l’information dans nos pays hautement démocratiques. Une opération de communication rondement menée – déclarations officielles, agences de presse et médias immédiatement mobilisés, réseaux d’experts stipendiés en appui – et hop, c’est reparti pour une bonne campagne d’intoxication publique.

Car le plus intoxiqué, dans cette affaire, n’est pas le pauvre Alexeï Navalny – que son âme repose en paix – mais bien notre opinion publique tirée à hue et à dia par les pseudo-révélations fracassantes.

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