Alexeï Navalny et la grenouille équatorienne


Accusations intempestives, toxines exotiques et emballement médiatique: le scénario des empoisonnements russes se répète inlassablement. Après les cas Markov, Litvinenko ou Skripal, voici l’affaire Navalny, la dernière en date. Pourtant, à chaque fois, les certitudes politiques précèdent les preuves. Entre communication soigneusement orchestrée et zones d’ombre persistantes, une question demeure: que sait-on réellement?
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Le sketch sur l’empoisonnement de Navalny continue. Le 14 février, à l’occasion de la dernière Conférence sur la sécurité de Munich, cinq pays européens – Suède, France, Grande-Bretagne, Allemagne et Pays-Bas – ont estimé urgent d’annoncer qu’ils étaient «assurés» que la Russie avait empoisonné le dissident russe avec une toxine hyper-mortelle provenant d’une grenouille équatorienne. Les médias européens se sont immédiatement embrasés: gros titres, commentaires scandalisés, ONG de défense des droits humains indignées. Et puis flop, deux jours après, plus rien.
Ainsi vogue l’information dans nos pays hautement démocratiques. Une opération de communication rondement menée – déclarations officielles, agences de presse et médias immédiatement mobilisés, réseaux d’experts stipendiés en appui – et hop, c’est reparti pour une bonne campagne d’intoxication publique.
Car le plus intoxiqué, dans cette affaire, n’est pas le pauvre Alexeï Navalny – que son âme repose en paix – mais bien notre opinion publique tirée à hue et à dia par les pseudo-révélations fracassantes.




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