Comment les BRICS réinventent le monde

Publié le 18 octobre 2024

De gauche à droite les chefs d’Etat brésilien, chinois, sud-africain, indien et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov lors du sommet des BRICS 2023 à Johannesburg. © Prime Minister’s Office (GODL-India) – source officielle

Les BRICS s’apprêtent à tenir leur prochain sommet les 24 et 25 octobre prochain à Kazan, en Russie. Désormais au nombre de neuf, depuis l'admission en début d'année des Emirats, de l'Egypte, de l'Ethiopie et de l'Iran, ce sommet devrait enregistrer les candidatures de la Turquie, de l’Azerbaïdjan, du Venezuela, de la Malaisie et de la Thaïlande en plus de la trentaine de pays qui ont manifesté leur intérêt pour rejoindre l'organisation. Les BRICS sont en train de réinventer l'ordre mondial. Ils ont désormais les moyens de le faire pour au moins trois raisons.

Sur le plan économique tout d’abord, on assiste à un rééquilibrage massif, durable et irréversible de la création de la richesse mondiale en faveur des pays d’Asie et du Sud.

En parité de pouvoir d’achat, le PNB consolidé du groupe BRICS+ dépasse désormais le PNB total des pays du groupe G7/UE/OTAN. Pour la première fois depuis la révolution industrielle, le Sud devance le Nord. Les sept milliards de «pauvres» passent devant le milliard d’habitants des pays les plus riches. Dans son étude 2023, la CIA classait la Chine en tête de l’économie mondiale avec 31’227 milliards de dollars de PNB en PPP, les Etats-Unis en seconde position avec 24’662 milliards, l’Inde en troisième (13’104 milliards) et, plus surprenant, la Russie à la quatrième place (5’816 milliards) devant le Japon, l’Allemagne le Brésil, l’Indonésie, la France et le Royaume-Uni (3’700 milliards environ). (Voir Real GDP (purchasing power parity) Comparison – The World Factbook (cia.gov).)

Si l’on calcule la puissance économique en termes de capacité productive réelle (le total des biens et marchandises physiques produits), la différence est encore plus spectaculaire: la Chine pèse à elle seule autant que les Etats-Unis, l’Union européenne et le Japon réunis tandis que l’Inde passe devant les Etats-Unis et que la Russie occupe la cinquième place juste devant l’Indonésie.

Et ce n’est pas tout. Malgré le prétendu ralentissement chinois, la Chine, l’Inde, la Russie et les autres pays d’Asie restent les moteurs de la croissance mondiale. La croissance chinoise a ralenti mais demeurait deux...

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