Hors de l’euro, la monnaie suédoise s’effondre

En entrant dans l’UE, en 1995, la Suède devait en principe adopter l’euro. Cela a tardé et en 2003, un référendum a refusé ce pas, à une majorité de 56%. Elle a donc gardé sa couronne, contre laquelle aujourd’hui les Suédois fulminent. Car elle décroche. En dix ans, elle a perdu 30% de sa valeur face à l’euro, et même 70% face au dollar. Pourquoi cela dans un économie qui globalement ne se porte pas mal?
Parce que la planche à billets a tourné fort, plus encore que la Banque centrale européenne, parce que cette monnaie instable crée la méfiance, parce que les investisseurs préfèrent le dollar, l’euro ou le franc suisse, parce que l’image politique de la Suède, à tort ou à raison, se détériore. La productivité est en baisse, les tensions sociales se multiplient. La correspondante de la NZZ-Pro à Stockholm, Ingrid Meissi Arebo, énumère une foule de raisons à cette dégringolade.
Celle-ci devrait faciliter les exportations. Mais les industriels, tels Volvo ou Ericsson, se prononcent plutôt pour une entrée dans le club européen. Plaidant cette cause, le co-fondateur de la société d’investissements Cevian, Christer Gardell, va jusqu’à dire: «Nous sommes devenus 40% plus pauvres.» Un grand entrepreneur, Jacob Wallenberg, ajoute: «la couronne a servi de doping pour l’économie. Elle facilite certes les exportations mais elle ne pousse pas l’industrie à améliorer sa compétitivité.» Ces acteurs préfèrent donc facturer leurs produits en dollars ou en euros et payer aussi leur achats dans ces monnaies.




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