«Vie d'une prostituée» de Marie-Thérèse affiche une insolite singularité, une vitalité admirable, une franchise hors du commun. Marie-Thérèse finit son livre par où elle l’a commencé en nous apprenant qu’elle a déclaré juste après avoir lu un livre d’Henry Miller être capable d’en faire autant.
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Au voisin qui lui a prêté cet ouvrage, elle a dit: «Si c’est ça, la littérature, je t’en ferai des kilomètres!…» «Essaie, on verra bien», qu’il lui a répondu. «Pour t’encourager, je te payerais cinquante francs par page écrite».
Et du coup, elle s’est mise à raconter, avec un regard pragmatique, dans une langue archi crue et dénuée de toute fioriture, son existence durant les années de guerre, sa vie dans les maisons closes, ou sur le trottoir, ses relations avec les clients.
«Un étonnant morceau de littérature brute» dit, en 1947, Simone de Beauvoir, décidément à l’avant-garde du côté de la question féminine, en proposant Vie d’une prostituée de Marie-Thérèse au comité de rédaction des Temps modernes qui le publie dans une version réduite de moitié par rapport au manuscrit original, c’est-à-dire largement expurgée! C’est sa vieille amie féministe, Colette Audry, qui le lui a apporté et on peut postuler que, plus que le récit d’une vie de péripatéticienne, c’est le côté bisexuel de cette existence, avoué et revendiqué par Marie-Thérèse Cointre, qui génère cet engouement de la part de l’auteur du Deuxième sexe.






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