livres

En mémoire d’un Noël étrange au doux parfum de reviens-y…
Dans «Mon Noël avec Marcia», récit aussi bref que dense, entre hyper-réalité et rêverie, Peter Stamm évoque une «fête de dingues» où l’on a connu la plus intense liberté, à moins qu’on ait fantasmé ou arrangé les faits?

Vallotton l’extrême au feu de glace
A propos de la rétrospective «Vallotton Forver» qui a lieu à Lausanne, dix ans après l'expo déjà mémorable du Grand Palais à Paris, et d'un petit livre d'une pénétrante justesse sensible de Maryline Desbiolles.

Orson Welles, grandeur et démesure d’un créateur libre
Que l’on soit cinéphile ou pas, il faut lire «Orson Welles - Vérités et mensonges» d’Anca Visdei. Il en surgit un personnage unique tant il a accumulé de talents: metteur en scène, scénariste, comédien, virtuose à la radio et à la télévision, et chroniqueur politique engagé pour la démocratie. Sa puissance dans le succès comme dans l’échec, ses incessants rebonds, son obstination jusqu’au dernier souffle sont une leçon de vie.

«Cette Amérique qui nous déteste»
Tel est le titre du livre de Richard Werly qui vient de paraître. Les Suisses n’en reviennent pas des coups de boutoir que Trump leur a réservés. Eux qui se sentent si proches, à tant d’égards, de ces Etats-Unis chéris, dressés face à une Union européenne honnie. Pour comprendre l’ampleur et la profondeur de la détestation que vouent Trump et tant d’Américains à l’endroit des Européens, il faut lire cet ouvrage clé.

L’histoire des épidémies reste entourée de mystères et de fantasmes
Les virus n’ont pas attendu la modernité pour bouleverser les sociétés humaines. Dans un livre récent, les professeurs Didier Raoult et Michel Drancourt démontrent comment la paléomicrobiologie éclaire d’un jour nouveau l’histoire des grandes épidémies. De la peste à la grippe, du coronavirus à la lèpre, leurs recherches révèlent combien notre rapport aux maladies infectieuses reste traversé de mythes, d’incertitudes… et de leçons oubliées.

Portraits marquants d’une époque
«Portraits d’écrivains, de Cocteau à Simenon», Yves Debraine, Editions Noir sur Blanc, 205 pages.

Sorj Chalandon compatit avec les sinistrés du cœur
Après «L’enragé» et son mémorable aperçu de l’enfance vilipendée et punie, l’écrivain, ex grand reporter de Libé et forte plume du «Canard enchaîné», déploie une nouvelle chronique, à résonances personnelles, dont le protagoniste, après la rude école de la rue, partage les luttes des militants de la gauche extrême. Scénar d’une possible série sympa? Pas tant que ça!

Un western philosophique où les balles sont des concepts
Le dernier livre d’Alessandro Baricco, «Abel», se déroule au Far West et son héros est un shérif tireur d’élite. Il y a bien sûr des coups de feu, des duels, des chevaux, mais c’est surtout de philosophie dont il s’agit, celle que lit Abel Crow, celle qu’il découvre lors de ses rencontres. Un roman formidable!

Quand Etienne Barilier débrouille les «Brouillons» de Lichtenberg
Formidable objet éditorial résultant de l’accointance éclairée des éditions Noir sur Blanc et du romancier-essaysite-traducteur-préfacier et (prodigieux) annotateur, la première intégrale en langue française des cahiers scribouillés du génial polygraphe scientifico-poétique, folle figure de sage des Lumières, apparaît, bien au-delà de ses recueils d’aphorismes, comme un «océan de pensée» fascinant par ses reflets de surface autant que par ses gouffres. Et maintenant plongez, nagez, noyez- vous, saoulez-vous le pied-léger!
Quand Max Lobe dit le Bantou s’en va goûter chez Gustave Roud…
«La Danse des pères», septième opus de l’écrivain camerounais naturalisé suisse, est d’abord et avant tout une danse avec les mots, joyeuse et triste à la fois. La «chose blanche» romande saura-t-elle accueillir l’extravagant dans sa paroisse littéraire? C’est déjà fait et que ça dure! Au goûter imaginaire où le convient cette semaine le centenaire Jaccottet et compagnie, la «ressemblance humaine» est de la partie…
Faut-il vraiment se méfier de Yuval Noah Harari?
La trajectoire du petit prof d’histoire israélien devenu mondialement connu avec quatre ouvrages de vulgarisation à large spectre, dont Sapiens aux millions de lecteurs, a suscité quelques accusations portant sur le manque de sérieux scientifique de l’auteur, lequel n’a pourtant jamais posé au savant. D’aucun(e)s vont jusqu’à le taxer de «prophète populiste». Et vous là-dedans?

Emil Cioran, une biographie en clair-obscur
Les amateurs de vertiges philosophiques connaissent l’œuvre d’Emil Cioran, auteur roumain et français. Du moins quelques-unes de ses formules ramassées et paradoxales. Il n’existait pourtant aucune biographie de ce personnage hors du commun. La voici. Signée Anca Visdei. Arrivée en Suisse, elle aussi de Roumanie, à l’âge de dix-huit ans.

L’ogre, le libraire et l’éditrice
L’année dernière sortait «Samira au pouvoir», ouvrage d’un auteur jurassien resté quelques temps mystérieux et édité, par manque de moyens, par le service d’autoédition du géant américain Amazon. Un choix qui coûtera cher à la petite maison d’édition suisse Zarka et l’entraînera dans une aventure qui rend compte des difficultés du monde de l’édition en Suisse.

Aux USA, la chasse aux livres «dangereux» se renforce
Des auteurs supprimés, comme Noam Chomsky ou Anne Frank. Des sujets bannis, comme l'avortement et l'homosexualité, la lutte contre les discriminations et celle contre le racisme. Nos confrères du magazine italien «L’Espresso» relatent comment, dans l’Amérique trumpienne, des bibliothèques sont épurées de livres jugés dangereux pour la suprématie américaine.
La saignée de l’affreux «Boucher» tient de l’exorcisme vital
A partir de faits avérés, la prolifique et redoutable Joyce Carol Oates brosse, de l’intérieur, le portrait d’un monstre ordinaire de la médecine bourgeoise, qui se servait des femmes les plus démunies comme de cobayes utiles à ses expériences de réformateur plus ou moins «divinement» inspiré. Lecteurs délicats s’abstenir…

Un OVNI littéraire tombe sur la Suisse. Gros dégâts
Les Editions Zarka publient «Samira au pouvoir» de la mystérieuse Daniela Cattin, une autrice jurassienne, parait-il. L’intrigue de son récit débute le 1er août, sur la prairie du Grütli, avec la découverte d’un mort nu, percé à l’arbalète, attaché contre un arbre.



