L’adieu mou à l’Europe

Publié le 2 avril 2021

© DR

Les tueurs de l’accord-cadre négocié par la Suisse et l’UE ont gagné. Cette harmonisation des relations avec nos principaux partenaires est quasiment enterrée. Sans débat. Sans vote populaire. A la suite de manœuvres attendues ou surprenantes. Du fait d’un gouvernement sans courage, sans vision, flottant au gré des humeurs populaires supposées. C’est un chapitre très problématique qui s’ouvre dans l’histoire si délicate de notre intégration dans le Vieux-Continent. Avec en vue des conséquences pas roses du tout.

Depuis le début de la construction européenne, la Suisse l’a vue d’un mauvais œil. A son fondement elle tenta même, avec les Britanniques notamment, un contre-projet: l’Association européenne de libre-échange. Depuis lors désertée par la plupart de ses membres et tombée dans l’insignifiance. Lorsque l’UE prit vraiment forme et s’élargit, il y eut panique à bord. Mais une planche de salut lui fit tendue: l’adhésion à l’Espace économique européen. Qui permettait d’avoir un pied dedans et un pied dehors. Le Conseil fédéral défendit ardemment cette voie en 1991 mais elle échoua  devant l’opposition alémanique et conservatrice. S’ensuivirent des années difficiles pour l’économie. Mais une décennie plus tard, les Suisses parvinrent à boucler une série d’accords avec les Européens. Cela déboucha sur une période de prospérité et de croissance. A la longue, l’UE se lassa cependant de ce patchwork de textes sans cesse à rediscuter. D’où la demande de les intégrer dans un accord permettant leur évolution, assurant des échanges simples et sûrs. Sept ans de négociations et ce fut enfin sous toit. Mais dès 2019 toutes sortes de milieux ont joint leur mauvaise humeur. Et le Conseil fédéral se refusa à soumettre l’accord signé devant le Parlement et le peuple. La faiblesse et l’opportunisme du chef du DFAE y est pour beaucoup, mais les six autres ont été aussi frileux.  Curieuse attitude: comme s’il n’y avait plus besoin de voter, seulement de humer et suivre le vent du moment.

Le bal des tueurs

L’histoire de cette panade vaut d’être racontée. Au début, Ignazio Cassis soutenait son secrétaire d’Etat, Roberto Balzaretti, le grand artisan de l’accord. Certes, l’UDC et une partie de la droite ferraillaient contre sa politique, mais cela paraissait surmontable. C’est alors qu’entra en scène Pierre-Yves Maillard, le nouveau président de l’Union syndicale suisse. Il ne supportait pas Balzaretti qui lui apparaissait comme un donneur de leçon. Entre les deux mâles alpha, cela tourna à l’aigre et le Tessinois, lâché par son patron, dut prendre ses cliques et ses claques. Le poids lourd de la gauche, qui a renié depuis longtemps ses vagues velléités pro-européennes, fut rejoint par le président du PS, Christian Levrat, tout aussi frileux sur le sujet. Le basculement de cette gauche dans l’opposition à l’accord a été fatal à celui-ci. L’UDC se trouvait un allié de fait! La gauche se mit à entonner un discours, largement mensonger, sur la menace du dumping salarial. Alors qu’il est bien précisé que les travailleurs européens en Suisse doivent être mis aux conditions définies sur place. Mais l’arme était lancée dans les milieux syndicaux depuis longtemps sur la défensive… et sans guère voir les conséquences d’une rupture, qui à terme leur fera mal aussi.

Un autre personnage a joué un rôle-clé dans l’ébranlement de l’accord conclu. L’ancien et puissant Secrétaire d’Etat Michael Ambühl qui avait négocié à divers titres les accords bilatéraux 1 et 2 entre 1992 et 2005. Ce diplomate subtil, à la voix douce et l’esprit vif, est aujourd’hui professeur à l’ETH où il enseigne l’art de la négociation. Il a notamment été consulté par Boris Johnson lors de la préparation du Brexit. Ambühl ne croit plus à l’accord-cadre forgé par son élève d’hier, Balzaretti. Il a un plan B en tête. Un accord plus modeste qui garantirait néanmoins le libre commerce… en échange d’une contribution financière accrue aux fonds structurels européens qui profitent beaucoup à l’Est. Il n’y aurait pas d’arbitrage en cas de différends mais chaque partie pourrait prendre des mesures de rétorsion. Un tribunal arbitral jugerait de leur opportunité. Tout cela reste encore flou et hypothétique, mais cela échauffe les esprits. Jusqu’au cœur du DFAE: la nouvelle négociatrice avec Bruxelles, Livia Leu, est très proche de son mentor d’hier, Michael Ambühl.

Celui-ci trouve aussi des oreilles bienveillantes à gauche. Les tueurs de l’accord-cadre Christian Levrat et Pierre-Yves Maillard se disent très intéressés. Même le nouveau co-président du PS, le jeune néo-marxiste Cédric Wermuth qui ne cache pas son total désintérêt pour ce dossier, opine du bonnet devant l’évocation de ce plan B.

Surgirent aussi ces derniers temps en Suisse alémanique divers groupuscules anti-accord, hors de la mouvance blochérienne. Notamment «Autonomiesuisse», fondé par un entrepreneur en logistique argovien. Certains évoquent le sacro-saint souverainisme, d’autres des intérêts économiques particuliers. Leur force? Ils sont conseillés par deux poids lourds: Ambühl et un certain Carl Baudenbacher, ancien juge à la cour de justice de l’AELE, longtemps professeur de droit à l’université de St.Gall. Sans compter l’ex-conseiller fédéral Schneider-Ammann qui tenu à ajouter bruyamment un clou dans le cercueil. Dès lors, le Conseil fédéral se réfugia dans la procrastination, demandant à l’UE des «éclaircissements» puis des modifications de fond. Ce qui irrita nos partenaires après tant et tant d’années de négociations.

Des secteurs pénalisés, notamment celui de la recherche 

L’avenir? Ceux qui rêvaient d’une solution à la britannique doivent déchanter: la Grande-Bretagne est pénalisée, elle voit partir de nombreux travailleurs européens, elle s’empêtre dans les formalités administratives à la frontière, avec des dizaines de milliers de fonctionnaires supplémentaire. Les dirigeants économiques suisses s’inquiètent. Un peu tard. Si l’on reste dans le brouillard,  tout le secteur de la recherche et des hautes écoles, découplé des programmes européens va souffrir, la pharma va être lourdement pénalisée, le secteur des machines aussi, des crises s’annoncent qui s’ajouteront à  la panne dite sanitaire.

Cela a déjà commencé. La secrétaire d’Etat à la recherche, Martina Hiramaya, n’arrive pas à décrocher un rendez-vous à Bruxelles pour parler de la participation de la Suisse au programme «Horizon Europe» où hier encore elle avait une belle place, gagnante au plan financier. Que les pontes des hautes écoles, des universités, des instituts de recherche ne disent leur inquiétude qu’à voix basse est étonnant. Ils devraient taper sur la table assez fort pour réveiller le Conseil fédéral somnolent.

Le 26 mai 2021 arrive à échéance un accord-clé: celui de la reconnaissance mutuelle. En clair, tout produit aux normes suisses est automatiquement reconnu et admis dans toute l’Europe. Rien ne dit qu’il sera prolongé. Un secteur est particulièrement inquiet: les «medtech». L’UE introduit de nouvelles exigences pour les appareils médicaux (implants mammaires, peacemakers, etc…). L’accord avec la Suisse est indispensable… sauf qu’il est suspendu en raison de la pagaille diplomatique actuelle. Suspense.

Des partisans résolus de l’accord, il en reste. Nombreux. Dans les milieux économiques, universitaires et politiques. Mais ces défenseurs, comme tétanisés, se font peu entendre, et d’une voix bien timide.

Un processus de délitement progressif 

Si le Conseil fédéral laisse couler l’accord-cadre, il n’y aura pas de catastrophe. Nombre de vieux textes resteront en vigueur, cahin-caha, sans mise à jour. Le processus de délitement sera progressif. Pour les multinationales, ce ne sera pas un souci, elles ont un pied partout. Pour les PME en revanche, toutes sortes de tracasseries administratives les pénaliseront. Elles seront tentées de délocaliser une partie de leurs activités. En douce.

Que les milieux financiers espèrent qu’en se tenant à l’écart des règles européennes ils feront leur beurre, c’est incompréhensible. Qu’ils fantasment sur le modèle de Singapour, c’est leur affaire. Que la gauche syndicaliste en revanche ne voie pas le péril à terme pour l’emploi est affligeant.

Ceux qui font passer par-dessus tout une Suisse «souveraine» feraient bien de se frotter les yeux. Ce terme a toujours été relatif. L’aspiration helvétique est depuis longtemps d’avoir un pied dedans, un pied dehors. Et l’on voudrait maintenant le poser nulle part ou à tâtons dans un champ improbable?  Refuser un accord clair, c’est en fait aller vers toutes sortes d’atteintes à notre souveraineté et à notre dignité. Il faudra quémander ceci ou cela. Avec, du côté européen, des concessions et des demandes ponctuelles, des tracasseries en tout cas. La souveraineté aura un piteux visage.

Enfin, au-delà des textes, il y a l’état d’esprit. Un bon climat entre nous et nos partenaires, cela aide. On l’a vu par exemple lors de la crise sanitaire. Mais tous les Etats européens ne nous considèrent pas d’un aussi bon œil que nous l’imaginons. A l’Est notamment, où tous doivent s’aligner sur des règles parfois contestées, on se demande pourquoi il faudrait faire des faveurs à la Suisse. Le temps n’est plus où, pour créer la sympathie, il suffisait d’inviter à une fondue les dirigeants allemands, français et italiens.

Le nombrilisme est agréable quand on reste chez soi à se caresser le ventre en ronronnant d’autosatisfaction. Quand on met le nez hors frontières, quand on sent sur la peau les grands vents du changement, il devient un piège.

Dans quel monde vivent donc nos prétendus Sages? A l’heure où les Européens, nous y compris, sont soumis aux pressions américaines et chinoises. A l’heure où les géants mondiaux investissent nos vies sans quasiment payer d’impôts. A l’heure où l’effort écologique est requis au-delà de toutes les frontières. Qu’importe, notre triste gouvernement reste collé sur l’embrouillamini des chiffres de la pandémie et sur les humeurs populaires du moment. Un pouvoir d’Etat digne de ce nom met les cartes sur la table, ouvre le débat et se soumet ensuite à la décision du peuple. En toute clarté.  Au lieu de cela, le nôtre patauge dans les non-dits. Pitoyable.


Quatre points posent problèmes aux adversaires de l’accord-cadre

1 – La protection des salaires. Le principe «travail égal, salaire égal» est acquis. Mais la Suisse souhaite que les entreprises étrangères en mission temporaire annoncent leur arrivée huit jours avant, l’UE en demande quatre. Autre exigence: ces entreprises paient d’avance une garantie en cas de contestation sur les salaires. L’UE dit non.

2 – La Suisse et l’UE sont d’accord sur le principe que des aides d’Etat aux entreprises privées ne doivent pas fausser le jeu de la concurrence. Mais à Berne, on craint que les collectivités publiques ne puissent plus aider les banques cantonales, les entreprises d’électricité, le secteur de l’aviation. Mais il faut noter que l’UE fait de nombreuses dérogations au principe. La Suisse en décrocherait aussi.

3 – La citoyenneté européenne. L’UE attend que les travailleurs européens établis en Suisse bénéficient de notre système social, notamment en cas de chômage. Et qu’en cas de délit, ils ne puissent pas être facilement expulsés. Ces règles s’appliquent à l’intérieur de l’UE.

4 – L’arbitrage. En cas de désaccords, plusieurs niveaux paritaires de conciliations sont prévus. Si le différend subsiste, c’est la Cour de justice européenne qui tranche. A noter que l’application des accords actuel a suscité très peu de procédures, toutes résolues à l’amiable.

S’abonner
Notification pour
0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires

À lire aussi

Politique

Vainqueur ou vaincu, Viktor Orban continuera à compter

A quelques jours d’échéances électorales décisives en Hongrie et en Bulgarie, l’Union européenne tente, une fois de plus, de peser sur des scrutins à haut risque politique pour elle. Entre tensions avec Budapest, recomposition des forces à Sofia et montée des courants souverainistes, les résultats de ces élections pourraient compliquer (...)

Guy Mettan
Economie, PolitiqueAccès libre

Biens volés, restitutions gelées: pourquoi l’Europe garde encore l’argent des anciens régimes africains

Des milliards gelés, quelques millions restitués: du Nigeria à l’Algérie, l’écart entre les avoirs saisis par les pays européens et les sommes effectivement rendues aux Etats africains ne cesse de s’élargir. Enquête sur un système qui sait bloquer l’argent sale, mais peine à le rendre.

Bon pour la tête
PolitiqueAccès libre

Quand le passé historique nous rattrape

Plusieurs pans de l’histoire s’imposent au souvenir ces temps-ci. Un film français nous renvoie à la collaboration avec Pétain. Les USA publient une liste énorme des membres du parti nazi. En Suisse, des historiens se battent jusqu’au Tribunal fédéral pour l’ouverture de documents interdits sur le passage chez nous de (...)

Jacques Pilet
Culture

Ces vignes qui disparaissent

Info-bagatelle? Peut-être, mais elle fait gamberger quiconque aime les saveurs du vin. La société issue de la coopérative viticole de Lutry, fondée en 1906, Terres de Lavaux, ferme ses portes. De nombreux vignerons de la région arrachent leurs vignes, ne trouvant pas de repreneurs. Et, comme partout, leurs bouteilles se (...)

Jacques Pilet
Histoire

Comment les services britanniques ont influencé la presse suisse pendant la guerre froide

Pendant des décennies, la Suisse s’est pensée et a été perçue comme un observateur distant de la guerre froide. Neutre, prudente, à l’écart des blocs, elle aurait traversé l’affrontement Est-Ouest sans vraiment y prendre part. Cette représentation rassurante a durablement façonné la mémoire collective helvétique. Les archives racontent une autre (...)

Jean-Christophe Emmenegger
Histoire

Max Petitpierre, le courage de négocier avec les méchants

Elu conseiller fédéral fin 1944, Max Petitpierre a su, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, sortir la Suisse de son isolement en renouant des relations diplomatiques aussi bien avec les Etats-Unis qu’avec l’Union soviétique. A l’heure où les tensions internationales ravivent les réflexes idéologiques et les divisions, son pragmatisme (...)

Guy Mettan
Culture

Un sombre mais indispensable roman sur la Suisse des années 1970

Dans son nouveau livre, «Les miettes», l’écrivain alémanique Lukas Bärfuss expose la condition de femme immigrée, pauvre et mère célibataire dans la Suisse prospère d’alors. Il le fait sans aucun misérabilisme, sans états d’âme non plus. Ce qui encourage à se poser la question: qu’en est-il aujourd’hui?

Patrick Morier-Genoud
Politique

Politique suisse: au fond du fond de l’affaire Dittli

Que peuvent bien avoir en commun ce drame cantonal vaudois et l’étrange destin de Pierre Maudet à Genève? Ils révèlent les rivalités anciennes entre libéraux-radicaux et démocrates-chrétiens, proches lorsqu’il s’agit de s’opposer à la gauche, mais aux mentalités bien différentes. De Genève à Lausanne, c’est tout un système d’alliances, d’ambitions (...)

François Schaller
Culture

Capodistrias, l’architecte du fédéralisme

Figure trop peu connue en Suisse, où il a pourtant joué un rôle déterminant, ce médecin né à Corfou et formé à Padoue eut en réalité une carrière politique d’exception. Après la chute de Napoléon, qui avait dessiné les frontières de la Suisse, le pays se trouva divisé entre des (...)

Jacques Pilet
Politique

Les Européens entraînés dans le chaos

La guerre au Moyen-Orient nous concerne plus que nous ne le ressentons. Avec, bien sûr, les fâcheux effets économiques. Avec la dérisoire question des touristes bloqués. Mais, bien plus encore, parce qu’elle révèle nos faiblesses et nos contradictions.

Jacques Pilet
Politique

Iran: Trump a-t-il déjà perdu la guerre?

L’assassinat d’Ali Khamenei devait provoquer l’effondrement rapide du régime iranien. Il semble avoir produit l’effet inverse. Entre union nationale, riposte militaire régionale et risque d’escalade géopolitique, l’offensive lancée par Washington et Tel-Aviv pourrait transformer une opération éclair en conflit long aux conséquences politiques incertaines pour Donald Trump.

Hicheme Lehmici
Politique

L’Europe dans le piège américain

«Etre un ennemi des Etats-Unis peut être dangereux, mais être leur ami est fatal», affirmait Henry Kissinger. Les Européens, qui voient leur position stratégique remise en cause, en font aujourd’hui l’amère expérience. Pourtant, aussi brutale et déconcertante soit-elle, la nouvelle stratégie géopolitique américaine a cela de bon qu’elle secoue l’Europe. (...)

Georges Martin
Politique

Russie-Ukraine: feu vert pour la Suisse

Alors que la guerre en Ukraine s’enlise, une étroite fenêtre diplomatique semble s’entrouvrir. Forte de sa tradition de neutralité et de médiation, la Suisse pourrait saisir cette occasion pour renouer avec son rôle historique et contribuer à relancer une dynamique de paix.

Guy Mettan
Politique

Sahara occidental: la realpolitik contre l’autodétermination

Entre principes juridiques et rapports de force, le Sahara occidental reste un révélateur des tensions qui traversent la scène internationale. Ajustements diplomatiques européens, repositionnements américains, choix français et posture algérienne illustrent les contradictions d’un dossier où se croisent décolonisation inachevée, enjeux de souveraineté et intérêts stratégiques. Au-delà du conflit territorial, (...)

Nordine Saadallah
Politique

Racisme: reconnaître le privilège blanc est un acte politique

La vidéo des Obama grimés en singes a choqué. Pourtant, le racisme n’est pas constitué uniquement de propos haineux ou de déviances morales condamnables. Le diable se cache aussi dans les détails et les rapports de pouvoir. L’Union européenne vient d’adopter une nouvelle stratégie antiraciste qui reconnaît l’existence d’un racisme (...)

Corinne Bloch
Politique, HistoireAccès libre

En faveur d’une Europe réconciliée, de l’Atlantique à l’Oural

Face aux tensions géopolitiques, l’Europe doit choisir entre l’escalade durable ou une nouvelle architecture de paix. Au-delà des logiques d’affrontement, une réconciliation avec la Russie, telle que la défendaient déjà De Gaulle et Churchill, offrirait une alternative à la fragmentation actuelle. Bien qu’elle puisse sembler utopique, cette perspective mérite réflexion, (...)

Klaus J. Stöhlker