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Des guerres pour soutenir la puissance dollar?

Martin Bernard

Par Martin Bernard · Publié le 5 avril 2024 · 3 min de lecture

Des guerres pour soutenir la puissance dollar?
Wikimedia Commons - CC BY-SA 3.0

Les Etats-Unis déclenchent-ils des conflits armés pour maintenir la suprématie du dollar dans l’économie mondiale? C’est ce que soutient notamment la journaliste Myret Zaki dans mon entretien avec elle sur ANTITHESE. Explications.

La fin du dollar en tant que monnaie de référence dans l’économie mondiale fait débat depuis de nombreuses années. La monnaie des Etats-Unis reste encore largement dominante dans la sphère financière. Elle règne ainsi en maître absolu dans le gigantesque marché des transactions de devises, étant la monnaie de contrepartie dans 88% des transactions, selon la Banque des règlements internationaux. 

Son poids dans l’économie réelle (les échanges internationaux), cependant, diminue progressivement. Le Brésil et la Chine ont décidé d’effectuer leurs échanges commerciaux en yuan. De son côté, l’Inde paie ses importations de pétrole russe en dirhams des Emirats arabes unis. Les pays membres du BRICS+ ambitionnent de promouvoir les transactions commerciales dans une devise commune nouvellement établie. Le géant français Total Energies a aussi réalisé sa première transaction de gaz naturel en yuan en mars 2023. Autant d’indices qui indiquent la fin progressive du dollar en tant que monnaie de référence dans les échanges commerciaux, selon Myret Zaki. La journaliste considère cela comme «une normalisation historique»: «Ce rééquilibrage prendra du temps, car les Etats-Unis utiliseront leur puissance militaire, indiscutablement supérieure, pour maintenir le plus longtemps possible la suprématie du dollar, qui sera donc conservé comme monnaie de référence de manière artificielle (c’est déjà le cas depuis plusieurs années), grâce à la planche à billets.» 

Les guerres récentes seraient-elles donc liées, de près ou de loin, au maintien de la primauté du dollar, qui a permis jusqu’ici aux États-Unis de soutenir un important déficit commercial et leur a donné une grande latitude pour mener les politiques domestiques et internationales de leur choix? Il est intéressant de considérer les guerres d’Irak (2003), de Lybie (2009) et d’Ukraine (2022) sous cet angle, même si les explications sont toujours multifactorielles. 

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