Assurance-maladie: l’assiette au beurre pour les dirigeants

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 17 novembre 2023 · 3 min de lecture

Assurance-maladie: l’assiette au beurre pour les dirigeants
Commune de Guttannen dans l'Oberland bernois : si tous les habitants étaient assurés auprès de Sanitas, leurs primes augmenteraient juste assez pour payer le salaire du patron de Sanitas, Andreas Schönenberger. © Commune de Guttannen

Les caisses d'assurance-maladie répètent à quel point les salaires du patron coûtent peu aux assurés. Infosperber a fait les calculs avec une question en tête: combien de payeurs faut-il pour financer le salaire d'un dirigeant? Les résultats sont loin de ceux annoncés par Santésuisse qui avançait que «si les PDG travaillaient gratuitement, cela représenterait au mieux un franc par an par payeur de primes».

Sommaire

Marco Diener, article publié sur Infospeber le 10 novembre 2023, traduit par Bon Pour La Tête


Avec des calculs aventureux, le lobby de l’assurance-maladie tente de minimiser les salaires exorbitants des patrons. Par exemple, Martin Landolt, président du conseil d’administration de l’association des caisses d’assurance maladie Santésuisse, affirme: «Si les PDG travaillaient gratuitement, cela représenterait au mieux un franc par an par payeur de primes.»

Un lecteur d’Infoperber s’interrogeait récemment: combien de personnes doivent payer des primes jusqu’à ce qu’un seul salaire de chef soit financé?

Les salaires des patrons des caisses d’assurance-maladie

Pour ce faire, il faut connaître les salaires. Ils sont bien cachés dans les rapports annuels des caisses d’assurance-maladie. Infosperber a collecté les chiffres des dix principales.

Le tableau montre que le patron de Sanitas, Andreas Schönenberger, a encaissé près d’un million de francs en 2022. Un salaire du Conseil fédéral est de 456’854 francs. Neuf des patrons de l’assurance-maladie gagnent plus.

La prime moyenne était de 3’766 francs l’année dernière. Les primes des adultes, des adolescents et des enfants sont prises en compte dans cette moyenne. De même, les primes des assurés avec une franchise décente ou supérieure. Et aussi des primes de modèles d’assurance spéciaux.

254 payeurs de primes pour un salaire

Si l’on divise maintenant le salaire annuel du patron de Sanitas, Schönenberger, par les 3’766 francs, il en résulte le nombre de 254. Cela signifie que jusqu’à ce que le seul salaire du patron de Sanitas soit payé, 254 personnes doivent verser leurs primes d’assurance-maladie. 254 personnes – ce qui correspond, par exemple, au nombre d’habitants de la commune de Guttannen du côté bernois du col de Grimsel.

Les dix patrons de caisses d’assurance-maladie répertoriés reçoivent un total de 6,7 millions de francs. Cela correspond au volume des primes de près de 1’800 personnes – ou de tous les habitants de communes telles que Fulenbach (SO) ou Hüttwilen (TG).

Les salaires des directions

Mais les PDG ne sont pas seuls. Lorsque vous occupez un tel poste, vous êtes à la direction d’une direction. Celle-ci se compose d’un certain nombre de personnes qui elles aussi gagnent bien leur vie.

La direction de neuf membres du Groupe mutuel, dont le siège est à Martigny, est la mieux payée. Elle reçoit près de quatre millions de francs annuels.

Les salaires des conseils d’administration

La direction est supervisée par un conseil d’administration. Bien que leurs membres n’aient généralement que de petites tâches à gérer, ils reçoivent beaucoup d’argent pour cela.

Les caisses d’assurance-maladie Helsana et Swica sont celles dont le conseil d’administration coûte le plus cher. Plus d’un million de francs chacun. Le Groupe mutuel et la CSS sont également proches d’un million.

Dans l’ensemble, le Groupe mutuel dépense le plus pour l’étage supérieur, c’est-à-dire la direction et le conseil d’administration. Au total, cela s’élève à près de cinq millions de francs. C’est ce que tous les habitants de la commune de Leukerbad (VS) paient en primes d’assurance-maladie.

Le stade de la Schützenwiese

Les conseils d’administration et les directions des dix principales caisses d’assurance-maladie susmentionnées reçoivent un total de plus de 34 millions de francs par an. Pour que cet argent soit rassemblé, il faut additionner les primes de plus de 9’000 personnes.

C’est plus que lors d’un match du FC Winterthur lorsque le stade de Schützenwiese est plein. Et plus que les capacités des stades de hockey sur glace de Fribourg, Genève, Lugano, Kloten, Davos, Zoug ou Bienne.

Bien sûr, les salaires des patrons des caisses d’assurance-maladie ne sont pas la principale cause de l’augmentation des coûts de santé. Néanmoins, notre système comptant environ 50 caisses, l’ampleur de ces chiffres est préoccupante.

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