Assez de rustines: la santé, parlons-en vraiment!

Publié le 8 mars 2024

© Ante Samarzjia – via Unsplash

Le Parlement a mis quatorze ans pour revoir la répartition des coûts des soins entre Cantons et caisses maladie (EFAS), et ainsi corriger une énième fois la Loi sur l’assurance maladie (LAMal). Les syndicats ont lancé un référendum pour contrer cette réforme. En juin, le peuple devra se prononcer sur deux initiatives pour mettre un frein aux coûts de la santé, et pour alléger les primes des assurances maladie. Malheureusement, quoi qu’il sorte des urnes, rien de fondamental ne va changer. Pour avoir une idée de ce qu’il serait plus utile de faire, nous avons parlé avec la Professeure Stéfanie Monod, depuis longtemps engagée auprès des patients et dans les administrations pour faire mieux marcher le système.

Boas Erez: On a l’impression de toucher aux limites du cadre fixé en 1994 avec la LAMal. Dans votre dernier livre1 vous dites que les réformes proposées depuis cette date sont des «sparadraps sur une jambe en bois». Ce n’est pas très académique!

Stéfanie Monod2: En effet, mais j’ai senti le besoin de laisser sortir ma frustration. Cela fait des années que je me bats auprès des patients et dans les administrations pour répondre aux besoins des individus, et pour faire mieux marcher le système, et je suis arrivée à la conviction qu’il faut revoir les bases de notre système de santé. Sans une nouvelle vision, le reste est marginal. Or, il n’y a pas de lieux pour mener un débat de fond. Le Parlement discute dans le cadre de la LAMal, et les partenaires tarifaires discutent de … tarifs. Ainsi, EFAS aura un grand coût pour son implémentation et accouchera d’une souris, et la révision des tarifs qui se profile avec le Tardoc ne nous sortira pas du financement à l’acte. Ce genre de réformes complexifient le système, et réduisent encore sa lisibilité!

Comment changer les bases du système de santé de manière consensuelle?

Pour commencer il faut être prêts à rompre avec ce que Alain Berset avait appelé le cartel du silence, et dire par exemple que notre système ne s’occupe pas de santé, mais plutôt de soins; puis souligner que le système est faussement démocratique; et qu’il faudrait revenir à une Médecine avec un M majuscule,...

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