Du début à la fin, l’affaire Navalny n’aura été qu’une bouffonnerie, dont les sanctions européennes constituent sans conteste le sommet. Faire d’Alexei Navalny une icône de l’opposition russe comparable à Nelson Mandela tiendrait de la farce si cela ne trahissait pas une profonde méconnaissance du personnage et de la Russie.
Navalny est tout sauf un Mandela: c’est un polémiste et un provocateur doué, un mélange local d’Eric Zemmour et de Cyril Hanouna, qui décoche des flèches contre le pouvoir en place avec un art consommé de la mise en scène et qui, de ce fait, s’est constitué une audience appréciable.
En Occident surtout.
Car en Russie même, on le regarde avec beaucoup plus de circonspection. Quelques milliers de fans l’adulent, quelques millions de spectateurs apprécient ses piques. Mais de là à ce que les Russes se mettent à suivre ses slogans et à voter pour lui en masse, il y a un pas qu’ils ne franchiront pas. Et même s’ils en avaient envie, la faillite de l’Ukraine, présidée depuis deux ans par l’ex-comique Zelenski, est là pour les en dissuader. Et l’exemple de l’Italie avec le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo n’est pas plus convaincant.





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