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Etat-nounou, Etat-gestion et Etat-vision

Jonas Follonier

Par Jonas Follonier · Publié le 4 février 2021 · 6 min de lecture

Etat-nounou, Etat-gestion et Etat-vision
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Et si un Etat fort, ce n’était pas ce que l’on pense? On oppose souvent les «pro-Etat» aux «anti-Etat». Il y aurait, d’un côté, les partisans d’un Etat fort, au moins pour ses tâches régaliennes aux yeux de la droite, et de l’autre, les libertaires, hostiles par principe à l’intervention étatique. Et si nous sortions un instant de ce schéma en considérant une autre manière pour l’Etat d’être fort: avoir une vision?

Sommaire

Dans son article «Nous sommes des soldats et c’est très bien», le journaliste Antoine Menusier suggérait dans les colonnes du Regard Libre qu’un Etat fort implique nécessairement plus d’intervention dans la vie de ses citoyens et qu’en cas de crise, un tel cas de figure peut être légitime. A l’occasion de la lutte contre le covid-19, une relation d’obéissance plus ou moins consentie s’est donc installée entre, d’un côté, les citoyens, et, de l’autre, l’Etat, ou plus concrètement des règles étatiques portant atteinte aux libertés de ces derniers. Le prix à payer, en somme, pour la garantie d’un Etat fort, protecteur – en l’occurrence – de notre santé.

Quoi qu’on pense des mesures en question et de la gestion de cette crise dont on parlera sans doute encore longtemps, la question se pose de savoir si, vraiment, avoir un Etat plus fort revient à avoir un Etat qui intervient davantage dans la sphère des individus. Pas sûr. Et c’est précisément dans les critiques de la population à l’égard de la politique sanitaire qu’il faut aller puiser pour se rendre compte que le rapport de n’importe quel citoyen à un Etat est compliqué; et que la définition d’un Etat fort, c’est aussi quelque chose qui se discute. Les «coronasceptiques» sur lesquels les grands médias se font une joie de casser du sucre sont-ils réductibles à des libertaires reprochant au système de leur ôter des libertés? Non: une soif de vision s’est aussi manifestée ces onze derniers mois, représentative d’un manque général.

Foin d’Etat-nounou

Un Etat plus fort, cela peut être un Etat avec davantage de vision. Un Etat avec un cap clair, que les citoyens pourront partager ou non, mais qui est bien présent et donc structurel. Si l’on oublie habituellement cette possibilité-là, c’est peut-être parce que l’on associe désormais l’Etat à deux de ses manifestations qui n’incluent pas l’Etat-vision: l’Etat-nounou, expression qui remonte au moins aux années 2000, et l’Etat-gestion. Ce qui suit a pour but de montrer que l’Etat-nounou est une déformation du rôle naturel de l’Etat, que l’Etat-gestion est une composante nécessaire d’un Etat fort, mais pas suffisante, et que l’Etat-vision est justement ce qui est actuellement trop oublié, notamment en Suisse.

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