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Au-delà du confinement, la liberté est en nous-même…

Jean-Louis Kuffer

Par Jean-Louis Kuffer · Publié le 26 juin 2020 · 6 min de lecture

Au-delà du confinement, la liberté est en nous-même…
© Matthias Rihs BPLT 2020

La Bulgare Kapka Kassabova, établie dans les Highlands écossaises, mais revenue à ses sources balkaniques, en a ramené, sous le titre de «Lisière», un récit saisissant à valeur multiple de reportage géo-politique, de document humain aux figures mémorables, de méditation sur les notions de frontière et d’identité, ou encore de grand poème existentiel mêlant mythologie antique et tragédies actuelles, alternant ombres et lumières.

Sommaire

Nous venions d’entrer en quarantaine mondiale lorsque, d’un clic, j’ai rejoint en pleine nuit la belle Kapka au fin fond des monts Rhodopes, dits aussi «montagnes de la folie», en quête d’un mythique village-où-l’on-vit-pour-l’éternité, aux confins de trois entités historico-politiqes (Bulgarie-Grèce-Turquie) où les hommes, depuis la nuit des temps «barbares», n’ont cessé de se chasser d’un côté et de l’autre.

Dans la seconde partie du XXe siècle, de nombreux jeunes gens épris de liberté ont perdu la vie dans ces forêts truffées de gardiens en armes en essayant de passer un rideau de fer fantomatique mais terriblement réel, et, plus récemment, dans un mouvement inverse, de non moins nombreux migrants se sont fait piéger alors qu’ils tenaient d’entrer en Europe − symbole à leurs yeux de paix et de prospérité.

Jusque-là, j’ignorais tout des monts Rhodopes, ne me doutant pas que c’était là-bas, à la frontière invisible séparant l’Occident de l’Orient, qu’un certain Orphée, pénétrant dans une grotte percée au flanc de la montagne dite du Jugement, avait accédé au royaume des ombres comme Dante au «milieu du chemin» de sa propre vie; je ne savais rien des cérémonies purificatrices perpétuées par les habitants de ces lieux se retrouvant pour des ablutions aux sources miraculeuses entrecoupées de danses sur les braises, et d’un clic, en pleine période obsédée par les fameux «gestes-barrières», j’entrai dans ce monde enchanté qui est à la fois notre monde, virus compris.

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