L’antiparlementarisme n’est pas l’apanage de l’extrême droite


Suite à l’acquittement des activistes pour le climat qui étaient accusés de violation de domicile, un antiparlementarisme s’invite dans les discours d’une certaine classe politique et intellectuelle de gauche qui défend bec et ongles ce jugement. Dans l’histoire de la Suisse, l’antiparlementarisme s’est manifesté à l’extrême droite de l’échiquier politique, portant en lui le risque, voire la volonté, d’un glissement totalitaire. Ou tout simplement d’une atmosphère populiste, qui n’est pas saine pour le débat démocratique. Petite plongée dans l’histoire suisse.
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Notre modèle de démocratie semi-directe est en crise. Critiquer le parlement suisse, cela devient de plus en plus cool. Surtout dans la rue, au cours d’une énième manifestation convoquée par Greta Thunberg, la déesse du Nord. Nos représentantes et nos représentants nous trahissent, hurle-t-elle et hurlent-ils à leur tour. Le monde politique est impuissant et ne fait rien, s’aime-t-on à répéter. Remarquez en passant qu’être impuissant et ne rien faire, ce n’est pas exactement la même chose: on ne saurait reprocher à un impuissant de ne rien faire – mais nous ne sommes pas à une imprécision près. Le langage de cette mouvance verte est celui de l’urgence et de la peur; la discussion raisonnée, cohérente et pragmatique peut attendre.
Antigone et Créon
Ce climat politique d’alerte s’est invité récemment dans le monde de la justice. Pour rappel, le juge Colelough a acquitté des activistes accusés de violation de domicile au motif que leur action était nécessaire et légitime, en vertu de la signature par la Suisse de l’Accord de Paris et de l’inaction du parlement.
Lire: Acquittement des activistes pour le climat: vers un populisme pénal?




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