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L’intelligence artificielle au service des droits humains

Isolda Agazzi

Par Isolda Agazzi · Publié le 29 mai 2019 · 5 min de lecture

L’intelligence artificielle au service des droits humains
Avec l’intelligence artificielle on va pouvoir faire les liens entre les cas, mais aussi entre le système américain et africain. - © DR

HURIDOCS, une ONG genevoise active dans l’information et la documentation des droits humains, vient de recevoir 1 millions de dollars de Google pour améliorer son programme d’intelligence artificielle. Car si les informations existent, elles sont difficiles à trouver de façon ciblée. Or, les comparer et les partager peut aider à faire appliquer les droits. La collaboration avec Google va se limiter aux informations publiques pour éviter tout risque de violation de la sphère privée.

Sommaire

«Nous avons commencé à utiliser l’intelligence artificielle il y a deux ans, avec une stagiaire. Nous voulions rechercher les sentences qui concernent les abus sexuels sur mineurs dans les îles du Pacifique. Nous avions accès à toutes les décisions de justice, mais la question que nous nous sommes posée était de savoir si la sentence était différente selon les valeurs traditionnelles des membres de la famille Autrement dit: si c’est l’oncle qui a commis l’abus sexuel sur le mineur, le jugement est-il plus léger? Et nous avons découvert que oui. Nous avons trouvé la réponse en quelques mois, alors que sans les outils d’intelligence artificielle cela nous aurait pris des années!» s’exclame Friedhelm Weinberg, directeur exécutif de Human Rights Information and Documentation Systems (HURIDOCS), une ONG basée à Genève, où elle emploie cinq personnes et seize dans le monde au total.

Depuis lors la stagiaire, Natalie Widmann, a été engagée et actuellement elle se trouve avec deux collègues en Californie, où ils suivent une spécialisation en intelligence artificielle chez Google. Car HURIDOCS vient de recevoir 1 million de dollars du géant d’internet pour améliorer ses compétences en intelligence artificielle, sélectionnée parmi 2’600 organisations du monde entier. Une satisfaction énorme pour cette petite ONG, créée en 1982 dans le but de faciliter la gestion de l’information par des organismes de défense des droits humains – pour la plupart des ONG, mais aussi l’ONU et des institutions régionales et nationales. Preuves, textes juridiques, témoignages, jurisprudence, décisions, rapports… tout peut être utile aux avocats et militants qui, aux quatre coins de la planète et dans des conditions parfois extrêmes, militent pour la justice.

Avec le soutien de Google, HURIDOCS veut développer des outils qui permettent à ses partenaires d’utiliser l’intelligence artificielle eux-mêmes, après avoir été formés certes, mais sans besoin d’être des experts.

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