La Suisse est l’avenir du monde


Le philosophe et historien de l'art Michel Thévoz publie «L’art suisse n’existe pas», un livre dans lequel il analyse la production artistique en Suisse sur plusieurs siècle et la met en perspective avec les caractéristiques helvètes: sécurité, confort et respectabilité. Un regard insolent et indocile, iconoclaste et tout à fait réjouissant.
Sommaire
L’art
suisse n’existe pas, de Michel Thévoz, met en évidence
un étonnant oxymore: «l’art suisse». Un oxymore, car, comme l’explique
l’auteur, la Suisse est par excellence le pays de la sécurité, du confort et de
la respectabilité, et que l’art est exactement le contraire. Voilà, en
résumé, l’essentiel de la démonstration, de cette visite guidée à travers cinq
siècles de peintures, en vingt-et-une monographies, un recueil d’articles
anciens écrits sur cinquante ans de vie active et de méditation perpétuelle sur
ce que sont l’art, les artistes et la patrie.
La liste est longue des artistes suisses qui
ont enrichi l’histoire de l’art; mais leur seul dénominateur commun est de se
dérober à tout… dénominateur commun, de subvertir par conséquent l’idée d’un art
national. Nouvelle variante donc tout autant que continuation de l’analyse
perpétuelle que conduit Michel Thévoz du syndrome
vaudois. «‟Liberté et Patrieˮ, cette devise doit être interprétée comme une
dénégation: depuis la création du canton, la politique vaudoise paraît inspirée
par un désir de tutelle. Et les Vaudois souffrent en silence», écrivait-il déjà
dans son livre Le Syndrome vaudois,
en 2000.
Michel Thévoz, l’auteur
Connu surtout pour avoir été, en 1976, à
l’initiative de la création de la Collection de l’Art Brut à Lausanne dont il
prend tout de suite la direction, et ceci jusqu’en 2001, Michel Thévoz (né en 1936)
a publié une vingtaine d’ouvrage sur l’art brut, la folie, le suicide ou encore
sur la mort assistée. Dans ses essais, il s’intéresse plus particulièrement à
des phénomènes borderline comme
l’académisme − considéré comme une forme de folie inversée, l’art des fous
eux-mêmes, le suicide, le spiritisme ou le rapport que l’on a avec sa propre
image et avec, bien sûr, son propre pays.




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