Et si Donald Trump devenait (quand même) un grand président?


On connaît le fanfaron, le populiste et le manager. Et si, après avoir dominé la première année de son mandat, les deux premiers visages s'effaçaient au profit du troisième?
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La lecture de «Fire and Fury», le best-seller du journaliste et auteur américain Michael Wolff paru en début d’année, enfonce une série de clous bien pointus dans le portrait de Donald Trump: un président furieusement égocentrique, incapable de se concentrer plus de quelques minutes sur un sujet, qui refuse toute note écrite, rétif aux séances, qui ne s’attendait pas à être élu, très influençable par sa famille et les quelques proches en qui il a confiance. Et une Maison-Blanche ravagée par une succession de guerres internes où s’esquissent deux fronts, les «idéologues» un temps menés par Steve Bannon face aux «réalistes» que pourraient incarner la fille de Donald Trump, Ivanka, et son mari Jed Kushner.
D’où l’image de l’homme le plus puissant du monde impuissant à faire face à ses propres pulsions, à ses propres limites, créant de ce fait le premier risque systémique mondial, celui d’une Maison-Blanche dysfonctionnelle prête à mettre la planète à feu et à sang en raison de la Corée du Nord. A tel point qu’à un passage du livre, où l’auteur remarque que Donald Trump est l’un des présidents américains ayant eu la plus longue période (presque deux mois!) sans avoir à gérer une crise internationale, le lecteur s’exclame: mais c’est que la crise internationale couvait au cœur même du Bureau ovale!
Les trois faces
Et pourtant, comme du reste le suggère l’ouvrage de Wolff, il n’y a pas qu’un Donald Trump. Il y a en a plusieurs. Chroniqueur et pilier de CNN, chaîne d’information continue régulièrement dénoncée par la Maison-Blanche de diffuser des fake news, Fareed Zakharia en liste même trois :




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