Nouveaux rebondissements dans l’affaire des avions F-35. On a appris il y a une semaine que le prix de ces avions de combat n’a jamais été fixe, contrairement à ce que le Département de la défense assurait depuis 2021. Les parallèles avec l’affaire des Mirages, en 1964, sont frappants. Rappel historique sur fond de scandale d’Etat.
Les nouvelles révélations autour de l’épineuse affaire des F-35 ont fait couler beaucoup d’encre ces derniers jours. A juste titre. Nous avons sur les bras un scandale d’Etat: la conseillère fédérale Viola Amherd a caché la vérité au Parlement et au public en assurant que le prix des avions de combat américains était fixe, alors qu’il ne l’était pas. C’est ce qu’a révélé la Commission de gestion du Parlement (CdG-N) dans son rapport explosif publié le 8 septembre. Sa présidente, Priska Wismer-Felder, assure qu’il n’y a «aucune indication d’une tromperie intentionnelle». Il est permis d’en douter, tant les négligences sont nombreuses.
Ces nouveaux éléments apportent de l’eau au moulin des défenseurs de l’initiative sur la neutralité. L’achat de ces avions exemplifie les problèmes du rapprochement structurel – la fameuse «interopérabilité» – avec l’OTAN et les USA. Ils révèlent aussi au passage les contradictions internes de l’UDC. Le parti a défendu le choix de ces avions en 2021 et souhaitait maintenir la commande initiale des 36 unités, en dépit des surcoûts, au motif d’économies d’échelle.
Un parallèle historique, peu relevé, éclaire cette affaire. Au début des années soixante, la Suisse a connu une situation similaire. Tout commence officiellement le 21 juin 1961. Lire la suite…