Au Brésil, la météo souffle sur les braises politiques


Le 4 octobre, élection présidentielle au Brésil. Face à face serré entre Lula (80 ans), qui brigue un quatrième mandat, et Flavio Bolsonaro (45 ans), fils de l’ex-président emprisonné pour tentative de coup d’Etat. Le climat social est tendu. L’inflation est forte, surtout dans l’alimentation. Et pour cause: le phénomène de «El Niño» qui réchauffe le Pacifique provoque inondations et sécheresses. Avec de lourdes conséquences sur l’approvisionnement agricole.
La gauche traditionnelle qui ose tenir tête aux Etats-Unis contre la droite soutenue par Trump. L’issue du vote, après un éventuel deuxième tour le 25 octobre, marquera la carte géopolitique des Amériques. Avec le Mexique, le Brésil est la seule puissance de la région qui résiste à l’influence de Washington. Jusqu’à quand?
La joute est d’autant plus passionnée que les votants s’exprimeront plus contre l’autre camp que par réelle adhésion à l’un ou l’autre candidat. Les accusations réciproques fusent. Il est reproché à Lula d’avoir élu et soutenu un procureur général impliqué dans un scandale bancaire. Quant au jeune Bolsonaro, il a des liens personnels avec des chefs du narcotrafic. Et le financement douteux du film à la gloire de son père (Dark Horse ) est dans le collimateur de la justice. La campagne est triste. Un sentiment d’impuissance et de peur se répand. En dépit de l’obligation légale du vote (sans grandes conséquences), l’abstention sera forte. Près d’une voix sur deux pourrait se taire.
Les sondages ont longtemps donné Lula vainqueur. Mais les scores se resserrent. En raison, surtout, du mécontentement populaire. Les généreux programmes sociaux de la gauche ne suffisent plus à soulager les fins de mois des défavorisés. Plus de 20 % de la population vit avec l’équivalent de 8 dollars par jour. La pauvreté, réduite de moitié dans les années Lula, reste grande.




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