Pour contrer les Soviétiques durant la guerre froide, les Etats-Unis menèrent une véritable offensive culturelle qui se poursuit de nos jours. Elle se déploya tous azimuts afin d’ancrer dans les mentalités européennes la supériorité de l’Amérique. Il existe un livre de référence à ce sujet, publié en 1999: «Qui menait la danse? La CIA et la guerre froide culturelle». Son autrice, la Britannique Frances Stonor Saunders, est décédée le 31 août à l’âge de 60 ans. L’occasion d’un hommage.
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Le livre a tellement marqué les esprits au moment de sa parution qu’il aurait contribué, selon le romancier Ian McEwan, à créer une sous-branche d’étude de l’histoire contemporaine. Traduit en 17 langues, il a en tout cas fait entrer son autrice, issue de l’une des plus anciennes familles aristocratiques catholiques d’Angleterre, les Stonor Park, dans la postérité.
En épluchant des documents déclassifiés et en menant d’innombrables entretiens, Frances Stonor Saunders a révélé comment la CIA, sous couvert notamment du Congrès pour la liberté de la culture, se trouvait derrière des milliers de livres, de magazines, d’expositions et de concerts durant la guerre froide qui opposa les Etats-Unis d’Amérique et l’Union des républiques socialistes soviétiques. Elle a montré qu’une grande partie de l’élite intellectuelle de l’époque – notamment George Orwell, Hannah Arendt et Jackson Pollock – était devenue, consciemment ou non, un instrument des services secrets américains.
«Pendant plus de 20 ans, l’institution d’espionnage américaine anima un front culturel complexe et richement financé à l’Ouest, pour l’Ouest, au nom de la liberté d’expression», écrit Saunders. Les USA cherchaient ainsi à contrer l’influence de la culture russo-soviétique en Europe. Ils souhaitaient aussi «vacciner le monde contre le communisme et faciliter l’introduction à l’étranger des intérêts américains en matière de politique extérieure».






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