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Rendre inhabitable: les nouvelles logiques de la guerre au Moyen-Orient

Hicheme Lehmici

Par Hicheme Lehmici · Publié le 22 mai 2026 · 18 min de lecture

Rendre inhabitable: les nouvelles logiques de la guerre au Moyen-Orient
Ce qu’il reste de la ville de Jabalia, dans la bande de Gaza, après le retrait des forces israéliennes. © Depositphotos

L’incendie déclenché par un drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis, ainsi que les tensions autour des sites de Bouchehr, en Iran, et de Dimona, en Israël, ont brutalement ravivé le spectre d’un écocide régional et d’une catastrophe systémique. Au Moyen-Orient, les infrastructures vitales (énergie, eau, réseaux logistiques ou installations nucléaires) sont désormais pleinement intégrées aux stratégies de guerre. Laquelle ne menace plus seulement les populations mais aussi les conditions mêmes de l’habitabilité.

Sommaire

Un changement profond est en train de s’imposer. La guerre ne cherche plus seulement à vaincre un adversaire ou à contrôler un territoire. Elle tend désormais à frapper les conditions de la vie collective.

À Gaza, la destruction dépasse largement le cadre d’une guerre conventionnelle. Hôpitaux, écoles, universités, réseaux d’eau et infrastructures énergétiques ont été méthodiquement frappés dans une intention ouvertement génocidaire. Au Liban sud, des villages entiers ont été rasés ou rendus inhabitables dans une logique de terre brûlée assumée par les autorités israéliennes. Et dans le Golfe, la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et Israël a montré à quel point les infrastructures vitales (énergie, logistique, approvisionnement) sont désormais intégrées aux stratégies de guerre.

Le droit international humanitaire, tel qu’il est défini par les Conventions de Genève, repose sur quelques principes fondamentaux: distinction entre civils et combattants, proportionnalité dans l’usage de la force et protection des biens indispensables à la survie des populations. Le Protocole additionnel I de 1977 interdit notamment de viser ou de détruire les infrastructures nécessaires à la vie civile — réseaux d’eau, ressources alimentaires, hôpitaux ou installations énergétiques — sauf usage militaire direct. L’article 52 précise également que les biens de caractère civil ne peuvent être attaqués en tant que tels.

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