Révolution conservatrice à Bucarest

Publié le 6 décembre 2024

«Călin Georgescu n’est pas un néo-légionnaire fasciste ni un homme d’extrême-droite. Il n’est pas non plus « l’homme des Russes »». – © DR

Le 8 décembre aura lieu le deuxième tour des élections présidentielle en Roumanie. Un deuxième tour qui voit s’affrontrer Elena Lasconi et Călin Georgescu, «une réédition presque à l'identique du duel Donald Trump – Kamala Harris», explique notre invité Petru Romoșan. Poète, écrivain et éditeur, il tient une émission politique hebdomadaire sur la radio GoldFM et la plate-forme SolidNews à Bucarest. Il s’exprime ici à titre personnel et son opinion n’engage pas Bon pour la tête.

Avec le résultat du premier tour des élections présidentielles du 24 novembre 2024, le vainqueur des élections, l’indépendant Călin Georgescu, a réussi à porter un coup sévère à l’establishment, à la classe politique corrompue et incompétente qui se perpétue au pouvoir depuis 1990, ainsi qu’aux médias mainstream et aux organisations de la société civile soutenues par le milliardaire George Soros. Ce petit miracle complètement inattendu a été rendu possible grâce aux réseaux sociaux, en particulier à TikTok, et à l’implication massive de la diaspora roumaine en Occident qui a voté massivement pour Călin Georgescu.

La Roumanie déjà vieillissante est sous le choc, contrairement à la Roumanie profonde qui s’était reconnue dans les discours et programmes enflammés de Georgescu. A deux mois du scrutin, l’establishment, les médias mainstream et la société civile lui accordaient moins de 1% des voix…. Comme aux Etats-Unis en 2016, les sondages donnaient les mêmes politiciens honnis comme vainqueurs.

Les élections parlementaires du 1er décembre

Dix jours après le premier tour des élections présidentielles, tout a été bousculé à nouveau. En effet, avec les élections parlementaires du 1er décembre 2024, les quatre partis du système issu de la Securitate (la police politique de la période communiste), PSD, PNL, USR, UDMR, bien que diminués, ont réussi à se sauver. L’UE et l’OTAN ont été les ombres protectrices sous lesquelles ils ont fait leurs affaires au cours des vingt dernières années. Les élections parlementaires ont cependant renforcé le front dit «souverainiste», en fait plutôt populiste, les mouvements AUR,...

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