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La Pologne brisée

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 14 juillet 2020 · 4 min de lecture

La Pologne brisée
Andrzej Duda, le Président sortant, a été réélu à la tête de la Pologne ce dimanche. Au prix d'une campagne d'une violence inouïe, qui en dit long sur la fragilité de nos démocraties. - Affiche de campagne à Poznán. © DR

Qu’un candidat à la présidence l’emporte sur un autre, en Europe de l’ouest, cela ne porte pas à d’immenses conséquences. Ce qui vient d’arriver en Pologne est d’une autre nature. Ce sont deux visions du monde qui se sont affrontées avec une violence inouïe. Le président sortant Andrzej Duda l’a emporté avec 51,2 % des voix. Il est en fait «le stylo à bille» (comme on dit là-bas) du cacique Kaczynski, fondateur du PiS, parti ultra-conservateur, ultra-catholique et ultra-nationaliste. Son adversaire, le maire de Varsovie, Rafal Trzaskowski, de centre-droit, a su rassembler les opposants au régime actuel mais a échoué de peu. Une moitié de la Pologne est dans l’euphorie, l’autre dans la tristesse. Que retenir de cette joute?

Les Européens doivent savoir que cette élection a été faussée de multiples façons. Les médias d’Etat ont mené une campagne unilatérale pour Duda. Aucun débat entre les deux candidats n’a pu avoir lieu. Maintes tracasseries ont empêché de voter beaucoup de Polonais de l’étranger (plus de deux millions) et le résultat final a été proclamé avant le dépouillement de leurs bulletins. Toutes sortes de cadeaux ont été accordés aux entités locales favorables au pouvoir. Tandis que les villes réfractaires subissaient des coupes.

Ce qui n’a pas empêché une participation massive: 68 %! Un record absolu. Note réjouissante dans le tableau.


Lire aussi: Le 14 mars, j’ai quitté la Pologne

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