Identité numérique: souveraineté promise, réalité compromise?


Le 28 septembre 2025, la Suisse a donné – de justesse – son feu vert à la nouvelle identité numérique étatique baptisée «swiyu». Présentée par le Conseil fédéral comme garantissant la souveraineté des données, cette e-ID suscite pourtant de vives inquiétudes et laisse planner la crainte de copinages et pots de vin. Quatre recours en justice ont été déposés pour atteinte au principe de neutralité en raison du soutien d’entreprises privées et semi-privées au camp du «oui».
Sommaire
A 50,4 % des voix, le peuple a validé swiyu, une identité numérique d’Etat présentée comme un pas décisif vers la souveraineté numérique. Mais derrière les slogans officiels, les faits racontent autre chose. Les contrats étaient déjà passés. Quelque 182 millions déjà investis. L’infrastructure déjà lancée. Le vote, lui, est venu après. Mais sur quoi exactement?
Avec un résultat si mitigé, on voit bien que le peuple reste méfiant. Mais pas pour la plupart des médias qui n’ont pas hésité à célébrer. «La deuxième fois aura été la bonne», pouvait-on lire dans la Tribune de Genève. Les Suisses avaient donc juste besoin d’une seconde chance pour comprendre ce qui était bon pour eux. En 2021, la première version privée de l’e-ID avait été massivement rejetée. Qu’est-ce qui a vraiment changé depuis? Pas les méthodes. L’emballage peut-être. Aujourd’hui en Suisse, près d’une personne sur deux montre des signes de dépendance au smartphone. Alors pourquoi cette obsession à revenir si vite avec un dispositif numérique de cette ampleur? Pressions extérieures? Compétitivité économique? Ou bien Bruxelles qui frappe à la porte, bilatérales III obligent? Les questions restent en suspens.
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