La politique impolitique

Bon pour la tête

Par Bon pour la tête · Publié le 25 août 2023 · 3 min de lecture

La politique impolitique
© Max Fleischmann via Unsplash

Tel est le titre d’un livre (publié en 1998) de mon ami, l’écrivain et traducteur libanais Salim Wakim, homme brillant et oublié, qui vécut longtemps à Ambilly. L’auteur nous explique que l’adjectif «impolitique» a paru pour la première fois en langue anglaise en 1600. Il signifie: non politique, inconvenant, contraire à une bonne politique, impropre, mal adapté à l’objectif désiré, illégal, inopportun, sans politique, contraire à une saine politique, d’une manière impolie, manquant d’habileté politique, de diplomatie et de tact. Ce mot est bien plus large et subtil que l’étroite platitude du «politiquement incorrect» répandu partout.

«L’inégalité des impôts et des taxes est la plus injuste et la plus impolitique de toutes les choses», dit Edmund Burke.

Marcel Prélot définit la politique comme «une science sans contenu», donc ce n’est pas une science. L’auteur analyse l’évolution historique de ce qu’on appelle «la science politique» dans le but d’éclaircir un tel paradoxe. D’abord parce qu’il est avéré que la politique, presque de tous temps, n’était qu’impolitique et qu’ensuite elle s’est métamorphosée par ses effets en crises et en guerres désastreuses.

Interrogé sur le sens de la politique, l’historien Jules Michelet répond: «c’est l’éducation, l’éducation, l’éducation». Car ce n’est que quand on est bien éduqué, qu’on conçoit mieux la politique avec politesse, et qu’on la pratique avec équité comme il se doit, qu’on est digne de policer, soit d’établir la loi, l’ordre et la justice. D’après Wakim, l’essence de la politique non pratiquée se trouve «dans le rationnel et l’irrationnel, deux composants co-essentiels qui traduisent la pensée et sa mise en exécution pour le bien contre le mal, comme une résultante axiomatique, alors que la politique impolitique, c’est celle qui agit pour le mal contre le bien.»

Ce passage m’est revenu à l’esprit en visionnant sur Léman Bleu un reportage d’avril 2022, qui montre comment la police genevoise perd son temps, c’est-à-dire notre argent, en arrêtant deux voleurs dans un magasin des rues basses pour vol à l’étalage, tandis que le troisième a pris la fuite. Les policiers ont pris la peine d’amener les deux voleurs (des Européens) au poste pour relever leurs empreintes, déterminant de la sorte qu’il s’agit de deux multirécidivistes, connus pour toutes sortes de vols et brigandages dans plusieurs cantons. Et qu’a fait la police? Elle les a relâchés tout bonnement dans la nature avec une amende de 300 francs qui ne sera jamais payée.

D’après l’auteur, les lois représentent les fondements solides de l’Etat, dont la justice est l’édifice. 

Par sa politique impolitique, notre Ministère public nous impose de vivre dans l’intranquillité, en autorisant des scènes ouvertes de deal et de désordre dans le canton, à croire qu’il ne s’intéresse qu’aux affaires potentiellement médiatiques. La libre-circulation n’autorise pas des Européens sans ressources ni revenus à venir chez nous et vivre d’actes répréhensibles. L’application stricte de la loi obligerait les autorités d’arrêter, de juger, d’emprisonner et d’expulser tous les délinquants et criminels étrangers, y compris les requérants d’asile, en cas de récidive. 

La loi est au-dessus des hommes. La justice, elle, prime la loi. Un abîme les sépare, nous apprend encore Salim Wakim.

Elie Hanna

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