Pluie de dollars sur la médecine connectée


La santé est la seule branche de l’économie à n’avoir pas fait sa révolution digitale. C’est le McKinsey Global Institute qui le dit. Aux États-Unis, le fossé entre la santé d’un côté et de l’autre le reste de l’économie, depuis les courses en épicerie jusqu’à l’hôtellerie, à la finance et aux réservations de vols, ne s’est pas comblé en vingt ans. 70% des hôpitaux américains (et nombre d’hôpitaux suisses, comme on a pu s’en apercevoir) continuent de communiquer par courrier postal et fax les compte-rendus aux patients et entre confrères. Une catastrophe, si une situation d’urgence sanitaire mondiale se déclarait... Et elle s’est déclarée.
Cité par The Economist mais discret, le directeur d’un grand hôpital de Madrid déplore qu’aucun partage de données électroniques instantané sur la situation sanitaire, les contaminations, les chiffres des patients en réanimation, n’ait été possible entre les régions autonomes espagnoles, et que cela a grandement contribué à accélérer l’épidémie sur le territoire.
En France, pourtant un Etat centralisé, les données relatives à l’épidémie (en l’occurence) sont collectées et gérées par les Agences Régionales de Santé (ARS), des unités indépendantes qui agissent à l’échelon régional et ne communiquent pas forcément entre elles. Les remontées des données concernant les décès de pensionnaires des EHPAD (EMS) par exemple, ont longtemps posé problème dans le décompte national des victimes.
Il a fallu le chaos, la panique et l’urgence de ce printemps pour que la digital medecine s’impose dans le paysage comme non seulement pratique, simple et rapide, pour les patients, mais surtout indispensable, pour les médecins, les autorités sanitaires et les groupes de travail sur l’évolution de la pandémie.




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