La Suisse, une des destinations préférées des mafias

Publié le 11 février 2020

© Polizia di Stato

La ’Ndrangheta est devenue l'une des organisations mafieuses les plus riches et les plus puissantes de la planète. Elle est née en Calabre et est aujourd'hui présente dans 32 pays sur 4 continents. C’est le principal courtier sur le marché mondial des drogues. La Suisse lui est utile pour le transfert de capitaux illicites. Cette donnée, authentifiée par la Direction des enquêtes antimafia (Dia) italienne, a été publiée dans un rapport relatif aux 6 premiers mois de l'année dernière sur le crime organisé. Le site d’info tessinois Il Caffè résume les points importants de ce document.

Trafic et blanchiment de capitaux secrets, meurtres sont les activités principales de la ‘Ndrangheta transnationale. Une association criminelle qui s’est mondialisée à petits pas, qui œuvre dans un grand silence et dont la direction reste toujours en Calabre. 

Mais quelles sont les mafias qui opèrent en Suisse? Celles d’origine calabraise, sicilienne et campanienne.

Le 21 avril 2019, à Petilia Policastro, dans la province de Crotone, deux hommes, l’un âgé de 58 ans et l’autre de 35 ans, considérés comme les chefs d’une puissante famille locale, ont été tués. Quelques mois plus tard, les soupçons se sont concentrés sur 3 personnes. L’une d’entre elles vivait en Suisse et a été extradée, explique Il Caffè.

Et puis il y a Cosa Nostra, la mafia sicilienne active principalement dans le trafic de stupéfiants. L’opération Stop and go a permis de retrouver un individu en fuite depuis 2016, affilié à la mafia sicilienne et résidant en Suisse, qui a été arrêté l’année dernière. Pour la Dia, il dirigeait un trafic international de drogue importée d’Amérique du Sud.

Liés plutôt, eux, à la Camorra Campana, d’autres mafieux ont été accusés en janvier 2019 d’extorsion, de vol et de recel dans le secteur du bâtiment dans la région de Casal di Principe. Les produits illégaux, souligne la Dia, qui a saisi des avoirs d’une valeur de 10 millions d’euros, ont été blanchis par le biais de sociétés et de comptes également ouverts en Suisse.

Une autre enquête conclue en février 2019, cette fois par le ministère public de Sondrio, a mis fin à un trafic international de cocaïne sur l’axe Pays-Bas- SuisseItalie, géré par une association italo-albanaise.

Une nouvelle, donnée par la presse italienne ces jours-ci, est la présentation le 30 janvier à Reggio de Calabre, du projet financé par le ministère italien de l’intérieur: I-Can (Interpol Cooperation Against ‘Ndrangheta). Un projet d’attaque globale contre la ‘Ndrangheta, conçu par le chef de la police italienne, Franco Gabrielli, le préfet, Vittorio Rizzi, vice-directeur général de la sécurité publique, et par le Secrétaire général d’Interpol, Jurgen Stock. 

En substance, le projet I-Can veut, tout d’abord, informer les forces de police étrangères au sujet de la structure et du fonctionnement de la ‘Ndrangheta. Celle-ci étant caractérisée par une organisation unitaire, avec des liens de sang très forts. Le projet veut aussi instaurer une collaboration pour la capture de fugitifs et pour la récupération de biens illicites, l’étude des données froides, relatives aux enquêtes closes. Il veut développer un logiciel d’analyse prédictive et d’intelligence économique pour apprendre à reconnaître les signes prémonitoires et à anticiper les risques liés au crime organisé.

En Europe, les forces de police ont constaté l’existence de la ‘Ndrangheta, par la présence des narine ou petites familles, la capture de fugitifs ou la saisie de biens, en Allemagne, Autriche, Belgique, Croatie, Espagne, France, Grande-Bretagne, Irlande, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Portugal, Monaco, Roumanie, Saint-Marin, Slovénie, Suisse.

Dans le monde, elle est implantée au Liberia, au Maroc, aux Seychelles, aux Antilles néerlandaises, en Argentine, au Brésil, au Canada, en Colombie, au Costa Rica, en Guyane française, au Panama, en République dominicaine, en Uruguay, aux États-Unis et en Australie.

Il faut souligner que le premier problème dans la lutte contre la ‘Ndrangheta est lié aux différentes législations des pays dans lesquels cette mafia opère.


Pour lire l’article en italien, c’est ici

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