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Postfinance boycotte Cuba et le Venezuela, Cassis ne bronche pas

Jacques Pilet

Par Jacques Pilet · Publié le 20 septembre 2019 · 1 min de lecture

Postfinance boycotte Cuba et le Venezuela, Cassis ne bronche pas
Ignazio Cassis lors de la session d'été 2018 du Parlement à Berne. - © Anthony Anex - Keystone

Que les grandes banques suisses s’alignent sur les lois américaines, on le sait (voir notre article sur le Créduit Suisse et le cinéma). Mais voilà que la Poste suisse, propriété de la Confédération, s’aligne sur les ordres de Donald Trump. Conséquence inattendue : les ambassades de ces deux pays n’ont plus de sous car elles ne peuvent rien recevoir de leurs Etats. Interpellé par la NZZ, notre ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, se dit impuissant. Que la neutralité suisse tourne ainsi à la farce, cela ne l’émeut nullement. Quand il s’agit de plaire aux Etats-Unis.

Les ambassadeurs cubains et vénézueliens ont fait connaître leur embarras auprès du Département Fédéral des Affaires Étrangères : leur financement est bloqué non seulement par les banques mais maintenant aussi par la Poste suisse, institution gouvernementale. À Berne, salaires et loyers ne sont plus payés, les vivres commencent à manquer. Ces diplomates ne sont pas les seuls à se faire du souci. Les 300 ressortissants helvétiques à Cuba ne peuvent plus recevoir d’agent non plus. La cinquantaine de PME suisses qui font des affaires avec ce pays sont aussi paralysées.

Interrogé au Parlement sur ce point par le conseiller national Fabian Molina (PS), le conseiller fédéral Ignazio Cassis a répondu qu’il n’entend pas agir: «La relation d’affaires entre les banques suisses et leurs clients relève du droit privé, même si une représentation étrangère est en relation avec elles». Il omet de rappeler que Postfinance est un organisme gouvernemental. La Poste se soumet donc volontairement à la législation américaine car la Suisse n’applique pas de telles sanctions à l’endroit de Cuba et du Venezuela.

Comment ne pas voir qu’il s’agit là d’une violation crasse de la neutralité par ailleurs tant de fois chantée par le même ministre ? Qu’il était fier, pourtant, d’annoncer que c’est le DFAE qui aide à maintenir le dialogue entre Caracas et Washington…

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