Le scandale de blanchiment qui vient du froid


L'affaire de blanchiment d'argent qui secoue profondément la Danske Bank danoise a ses ramifications jusqu'en Suisse, soupçonnent les enquêteurs scandinaves. La Finma est chargée d'éclaircir le rôle effectif joué par les banques helvétiques. Juste au moment où les Chambres devront se pencher sur un nouveau projet de durcissement de la Loi sur le blanchiment d'argent. Un nouvel exercice de vérité financière et politique.
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C’est un scandale de blanchiment d’argent de premier ordre, et pourtant il a à peine fait parler de lui en Suisse. Pour une fois, ce n’est pas une banque helvétique qui est au centre de l’affaire, mais le plus grand établissement commercial du Danemark, la Danske Bank. Graduellement mise au jour depuis mars 2017, ses chiffres font tourner la tête: plus de 200 milliards d’euros, essentiellement en provenance de Russie et d’Asie centrale, sont suspectés d’avoir, en partie, été blanchis. Après des mois de révélations au compte-goutte, un rapport d’enquête a finalement été publié le 19 septembre, entraînant le jour même la démission du directeur général Thomas Borgen.
Ce scandale n’est pas centré sur la Suisse, certes, mais il ne l’évite pas non plus. Il suscite du reste de grandes interrogations du côté de la Finma, le gendarme de la finance, qui s’est mis en chasse de fonds douteux qui auraient transité par des institutions financières suisses. Selon le rapport d’enquête, établi par le cabinet d’avocats danois Bruun&Hjelje, les montants ayant transité par la Suisse atteindrait 6% des fonds impliqués. Soit quelque 12 milliards d’euros, et donc quelque 13,5 milliards de francs. Ce simple chiffre classe cette affaire parmi celles de première magnitude: l’an dernier, le MROS (le Bureau de communication en matière de blanchiment d’argent), a examiné des transactions douteuses pour 16,4 milliards de francs en tout, qui lui avaient été communiquées par les banques, les avocats, les sociétés financières et tous les autres intermédiaires financiers par le biais des organes d’autorégulation. Cela dit, aucune indication ne permet de dire quelle part des fonds ayant transité par la Suisse est effectivement d’origine criminelle. L’enquête de la Finma devra livrer des éclaircissement sur ce point.
Banques suisses potentiellement impliquées
Elle devra aussi indiquer par quels canaux ces fonds d’origine criminelle ont circulé dans le système financier helvétique. Le journaliste Lukas Hässig, qui anime le site Insideparadeplatz, cite deux banques éventuellement concernées: Credit suisse et Vontobel. La première en raison de l’existence d’un compte détenu par un client suspect de Danske Bank. La seconde du fait de l’embauche d’un ex-cadre d’une filiale de Danske impliquée dans le scandale. Les deux établissements estiment ne rien avoir à se reprocher. Là aussi, la Finma devra apporter les réponses à ces interrogations.




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