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Donald Trump, l’apprenti sorcier monétaire

Yves Genier

Par Yves Genier · Publié le 26 août 2018 · 4 min de lecture

Donald Trump, l’apprenti sorcier monétaire
Donald Trump peut dire ce qu'il veut, son action politique fait, au contraire, monter le billet vert. - © Twitter @realDonaldTrump

Dans sa bataille pour «l'Amérique d'abord», Donald Trump rêve de faire baisser le dollar vis-à-vis des autres monnaies pour favoriser les exportations américaines. Or, c'est le contraire qui se produit.

Sommaire

Donald Trump n’a pas de mots ni d’actions assez dures pour «punir» les pays qui ont le tort de livrer une concurrence trop forte aux entreprises américaines, les Chinois en savent quelque chose. Mais si le locataire de la Maison-Blanche a retenu l’attention avant tout par son agressivité en matière d’échanges commerciaux, il est un aspect où il n’est pas moins vindicatif: les taux de change. Pour lui, les choses sont simples: le dollar est trop élevé, ce qui nuit aux exportations américaines. Et si le dollar est trop élevé, ce n’est pas la faute des Etats-Unis, mais celle des autres pays, à commencer par la Chine (bien sûr), mais aussi de l’Union européenne.

Son accusation favorite, c’est que ces pays «manipulent» leur monnaie. Il l’a redit encore le lundi 20 août lors d’une interview à l’agence Reuters: «Je crois absolument que la Chine manipule sa monnaie. Et je crois que l’euro est manipulé lui aussi». Mais que veut-il dire par ça? En fait, que les autorités monétaires de ces pays – autrement dit, leurs banques centrales – interviennent sur les marchés des changes en vendant de leur propre monnaie contre des dollars pour faire baisser les premières et monter ce dernier, afin de favoriser les exportations de leurs produits au détriment de ceux des autres pays. 

«Manipulateur» manipulé

Mais qui est le manipulateur dans cette affaire? Ni la Chine, ni l’Union européenne, ainsi que l’affirme Mark Sobel, un expert en questions monétaires et ancien du Trésor américain. Au contraire, tous deux cherchent à stabiliser leurs taux de change. C’est, en revanche, Donald Trump lui-même: en poussant de pareils hurlements contre les prétendues tricheries des autres, il fait… baisser le dollar, comme le dénoncent plusieurs spécialistes américains, à commencer par Charles Dallara, un vétéran des négociations financières et monétaires internationales. C’est ce qui s’est passé juste après son intervention du 20 août. Mais son effet ne dure pas plus de trois jours.

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