Alors que la votation du 27 septembre prochain sur l’initiative «Sauvegarder la neutralité suisse» approche, une offensive médiatique et politique se déploie pour assimiler ses défenseurs à des relais du Kremlin. L’image IA diffusée par l’élu suisse Philippe Nantermod (PLR) montrant Poutine embrasser la Suisse en est l’illustration. Derrière la dénonciation de l’«ingérence russe», se joue un débat plus profond, celui de la crédibilité de la neutralité helvétique depuis 2022 et du droit de critiquer le narratif dominant sans être taxé de pro-Poutine.
Ce début de mois d’août est marqué par une offensive importante pour faire taire les voix défendant la liberté d’expression et désireuses d’ancrer la neutralité dans la Constitution helvétique (votation du 27 septembre prochain). Cette offensive est souvent menée par des individus proches – a minima idéologiquement – des milieux atlantistes et européistes, sans que cette filiation soit clairement identifiée comme telle. La polémique créée par l’élu suisse Philippe Nantermod en est l’illustration.
La propagande russe est une réalité qu’il est important d’identifier, les médias le font généralement avec talent, bien que de manière assez unilatérale, obfusquant souvent l’autre propagande, en provenance de Washington. En revanche, assimiler les voix critiquant le narratif officiel sur la guerre en Ukraine à des marionnettes du Kremlin, c’est faire preuve d’une certaine malhonnêteté intellectuelle. Il s’agit en fait de procédés de guerre informationnelle typiques des périodes de guerre. Il est important d’en comprendre les ressorts et de ne pas tomber dans le panneau du manichéisme dans lequel de puissants intérêts cherchent à enfermer les populations, aussi en Suisse.
J’expliquais dans un précédent article en quoi l’affaire Xenia Fedorova, l’ancienne directrice de RT France, signait le retour d’une forme de maccarthysme à la française. L’Elysée a finalement eu raison de «la propagandiste du Kremlin la plus influente en France», comme la décrivait le journal Le Monde. Lundi 3 août, le tribunal administratif de Paris a confirmé son expulsion du pays. Clap de fin qui ne fera que renforcer la force de persuasion de son discours auprès des milieux convaincus que l’Etat leur ment sur les causes réelles de la guerre en Ukraine.
En Suisse, c’est l’initiative populaire «Sauvegarder la neutralité suisse», soumise à la votation le 27 septembre 2026, qui cristallise les débats autour de prétendues ingérences russes. Lire la suite…