La mondialisation frénétique d’aujourd’hui est un phénomène récent

Publié le 23 juillet 2026

© Depositphotos

Il n’y a pas si longtemps, les vêtements, les jouets ou les appareils électroménagers étaient fabriqués à quelques centaines de kilomètres de chez nous. Puis les usines ont été délocalisées en Asie, les porte-conteneurs ont envahi les océans et la production s’est mondialisée. Un changement dont nous payons aujourd’hui le prix économique, social et écologique.

A l’heure où notre mode de consommation plombe la planète, il peut être utile de rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Car si le commerce avec des pays lointains existe depuis des siècles, les délocalisations massives des usines européennes et la fabrication de la quasi-totalité de nos produits de consommation courante à des milliers de kilomètres sont un phénomène récent.

C’est en effet l’explosion du commerce mondial dans les années 1970 et surtout 1980 qui a véritablement généralisé cette «aberration kilométrique». C’est à cette période en effet que les grandes entreprises européennes et américaines commencent à délocaliser massivement leurs usines vers la Chine et les autres pays d’Asie du Sud-Est. Et que la mondialisation moderne prend sa forme actuelle, rendue possible par la standardisation des conteneurs, qui réduit drastiquement les coûts du transport. Un mouvement qui s’est accéléré jusqu’à aujourd’hui, laissant des millions d’ouvriers européens et américains sur le carreau. Et une planète de plus en plus mal en point, en raison des tonnes de CO2 rejetées dans l’atmosphère par les porte-conteneurs qui sillonnent les mers.

Les vêtements made in Europe des années 60

Mais revenons un peu en arrière. Il fut un temps que les nouvelles générations ont peut-être de la peine à imaginer: dans les années 50-60, le «local» dominait, et la majorité de ce que nous consommions provenait de notre propre pays ou des pays voisins. Avec, à la clé, des circuits courts entre les producteurs, les artisans, et les...

Ce contenu est réservé aux abonnés

En vous abonnant, vous soutenez un média indépendant, sans publicité ni sponsor, qui refuse les récits simplistes et les oppositions binaires.

Vous accédez à du contenu exclusif :

  • Articles hebdomadaires pour décrypter l’actualité autrement

  • Masterclass approfondies avec des intervenants de haut niveau

  • Conférences en ligne thématiques, en direct ou en replay

  • Séances de questions-réponses avec les invités de nos entretiens

  • Et bien plus encore… 

Déjà abonné ? Se connecter

Commentaires

Les commentaires sont les bienvenus ! Pour préserver la qualité des échanges, merci de respecter notre charte des commentaires.

S’abonner
Notification pour
2 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire

À lire aussi

Politique

La loi du plus fort, toujours

Le mérite de Donald Trump est d’éclairer d’une lumière crue, sans fioritures, la «loi du plus fort» que les Etats-Unis imposent au monde depuis des décennies. La question des barrières douanières est le dernier avatar de ces diktats qui font et firent trembler le monde, au gré des intérêts de (...)

Catherine Morand
Santé

Ma caisse-maladie veut-elle la peau de mon pharmacien?

«Recevez vos médicaments sur ordonnance par la poste», me propose-t-on. Et mon pharmacien, que va-t-il devenir? S’il disparaît, les services qu’ils proposent disparaîtront avec lui. Mon seul avantage dans tout ça? Une carte cadeau Migros de trente francs et la possibilité de collecter des points cumulus.

Patrick Morier-Genoud
Economie

L’Amérique du Sud préfère la Chine

L’Argentine, le Brésil ou encore le Pérou exportent chaque année davantage de produits en direction du marché chinois au dépend des Etats-Unis, explique «Zonebourse».

Bon pour la tête
Politique

Feu vert… à la corruption

Dans l’avalanche de décisions de Trump, il y en a une, toute récente, qui a peu retenu l’attention et qui pourtant sera lourde de conséquences pour les Européens, Suisses compris. Il demande la suspension de la loi qui interdit de décrocher des marchés en graissant la patte des fonctionnaires étrangers.

Jacques Pilet
Economie

Non, chère Migros, on ne te dit pas merci!

L’enseigne suisse a annoncé qu’un millier de ses produits verront leur prix baisser en 2025. Bonne nouvelle, mais pourquoi maintenant seulement?

Jacques Pilet
EconomieAccès libre

Le boom des exportations chinoises

Malgré les tentatives occidentales pour limiter les importations de produits chinois, le volume de celles-ci a augmenté de 40% en 5 ans, expliquent nos confrères des «Echos».

Bon pour la tête
PolitiqueAccès libre

Mercosur: colère en France et sourire en Suisse

Les paysans français furieux bloquent des routes. Et les partis de tous bords applaudissent. Jusqu’à Emmanuel Macron qui affirme que l’accord commercial entre l’Europe et plusieurs pays sud-américains est inacceptable. Etonnant quand on regarde de plus près. Devant le sprint final de cette négociation qui dure depuis 1999, la Suisse (...)

Jacques Pilet
EconomieAccès libre

Le déni des Suisses devant d’inquiétants clignotants

Français et Allemands sont envahis par les doutes quant à l’avenir de leur économie. Les Suisses, eux, restent ancrés dans leurs rassurantes certitudes. Ces derniers feraient bien d’être plus attentifs. Nombre de nouvelles pas gaies tombent ces jours-ci.

Jacques Pilet
EconomieAccès libre

Les tongs, un succès mondial aux pieds de tous

Les tongs sont plus universelles que les baskets. Les ventes mondiales de ces nu-pieds qui séparent le gros orteil des autres dépassent celles des sneakers. Symbole des vacances d’été à la plage, les tongs sont aussi les premières chaussures des hommes et des femmes qui vivent très pauvrement dans les (...)

Bon pour la tête
EconomieAccès libre

Rencontre avec la banquière férue de poésie qui fait durer la guerre de Poutine

Elvira Nabiullina, 60 ans, est depuis plus de dix ans à la tête de la Banque centrale de Russie. Cette économiste aux tendances libérales et favorable au libre marché a été installée à son poste par Vladimir Poutine et aurait toute la confiance du président russe. Depuis l’invasion de l’Ukraine, (...)

Bon pour la tête
Culture

L’économie est trop importante pour la laisser aux économistes

Des voix se sont élevées pour dire que les manifestations dans les universités de ces dernières semaines étaient déplacées, car dans nos hautes-écoles on ne devrait pas prendre position. Or cette idée est à la fois utopique et stérile. D’une part, les recherches universitaires sont forcément le fruit d’un positionnement, (...)

Boas Erez
Economie

La botte secrète chinoise dans les ports et aéroports

Beaucoup de débats sur la puissance commerciale de la Chine en Europe à l’occasion de la visite de Xi en France. «Le Figaro» nous fait découvrir un autre de ses atouts, peu connu. La société chinoise Nuctech est spécialisée dans les appareils qui scannent les bagages de soutes et les (...)

Bon pour la tête
EconomieAccès libre

Migros: le trou dans les finances est pire qu’on l’a dit

Sur son site «Inside Paradeplatz», le journaliste spécialisé Lukas Hässig revient sur les annonces de Migros. Le résultat annuel légèrement positif n’est dû qu’à ceux, florissants, de sa filiale bancaire. Sans cela, la perte nette serait de 138 millions.

Bon pour la tête
Economie

Quand les routes de la mondialisation sont menacées

L’hebdomadaire «Marianne» publie une cartographie des principaux canaux et couloirs maritimes, naturels ou artificiels, devenus les verrous de la mondialisation. Piraterie moderne, conflits entre Etats ou encore dégâts dus au changement climatique les rendent aujourd’hui vulnérables, au risque de paralyser les économies.

Marie Céhère
EconomieAccès libre

Comment le réchauffement climatique redessine la carte du commerce international

Le réchauffement climatique apporte avec lui des phénomènes météorologiques toujours plus extrêmes et accroît les inégalités entre les régions. Cependant, la croissance économique reste possible dans la mesure où les économies font montre de tout un éventail de réponses aux impacts du réchauffement planétaire.

Bon pour la tête
Economie

Invasion de poulets ukrainiens

On a beaucoup parlé des pays est-européens qui bloquent les importations de céréales en provenance d’Ukraine en raison de ce qu’ils désignent comme une concurrence déloyale. Moins d’un problème semblable dont s’inquiètent les agriculteurs français, selon «Le Figaro». Les importations massives de poulets ukrainiens menaceraient les élevages locaux.

Antoine Thibaut