L’aide à mourir: quand la «banalité du mal» intègre le droit français


Le 15 juillet 2026, le Parlement français a définitivement adopté la loi ouvrant un droit à l'aide à mourir. Sous couvert de «loi de fraternité», le texte instaure une procédure en plusieurs étapes qui dilue la responsabilité de l’acte final. Au bout de la chaîne, personne n'assume seul la décision de donner la mort.
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Les lois ne changent pas seulement les actes; elles changent les mots par lesquels une civilisation se comprend. Toute révolution juridique est d’abord une révolution du langage.
Ainsi, la France n’a pas voté l’euthanasie, elle a voté «l’aide à mourir». C’est plus doux. Il y a dans le mot «aide» quelque chose de la main tendue, de la vieille fraternité humaine avec son pain partagé et son manteau posé sur les épaules du pauvre. Cela sent moins la chambre fermée, le produit létal, le souffle qui s’arrête. Même lorsque le médecin administre lui-même la substance, la loi conserve cette expression unique, suffisamment vaste pour abriter à la fois le suicide assisté et la mort directement donnée par un tiers. Le reste du lexique suit la même pente. On «accompagne», on «met en œuvre», on «concourt». Les professionnels qui participent au décès ne sont pas nommés comme les auteurs d’un acte: ils deviennent les agents d’une procédure. C’est un langage qui répartit l’ombre.
Une solution moins coûteuse
Cette loi n’arrive pas dans un pays où l’hôpital rayonne de santé. Près de 46’000 lits d’hospitalisation ont été supprimés ces deux dernières décennies, tandis que les hôpitaux publics font face à un déficit global historique, estimé à plusieurs milliards d’euros. Les couloirs débordent, les soignants s’épuisent, les soins palliatifs manquent. Au même moment, la République retrouve le goût des tambours. Les budgets militaires s’annoncent en milliards, les budgets hospitaliers en économies.




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